L’Algérie assume-t-elle enfin son amazighité ?

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Est-ce enfin le début de la reconnaissance officielle de la langue et culture tamazight en Algérie  ? C’est la question qui vient de prime abord à l’esprit lorsqu’on entend la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui n’en finit pas de casser des tabous, militer en faveur de la généralisation de l’enseignement du tamazight dans nos écoles. De passage samedi dernier à Constantine, où elle a assisté à un colloque organisé par le Haut Commissariat à l’amazighité sur Massinissa, elle a effectivement plaidé en faveur de la généralisation de l’enseignement du tamazight.

Mme Benghebrit a annoncé que son département était disposé à travailler de concert avec le HCA pour « améliorer, répartir et généraliser l’enseignement de la langue amazighe à travers les établissements scolaires ». Les déclarations de Benghebrit remettent une nouvelle fois au devant de la scène le débat sur l’enseignement de tamazight. Car, depuis l’introduction de cette langue à l’école en 1995, la question reste pendante et la situation n’a guère évolué.

L’introduction du tamazight à l’école est intervenue en avril 1995 suite à la grève de cartable organisée en Kabylie durant l’année scolaire 1994-1995. Au début expérimental et s’appuyant sur des enseignants issus dans leur majorité du mouvement associatif, l’enseignement de cette langue, devenue langue nationale le 2 mars 2002, a largement reculé. De 8 wilayas au début, cet enseignement est réduit presque aux seules wilayas de Kabylie. Pourtant, et c’est le paradoxe, ce sont des dizaines de diplômés, qui sortent chaque année de trois instituts d’enseignement du tamazight, rattachés aux universités de Tizi-Ouzou, Bouira et Béjaïa.

Pis encore, le Haut Commissariat à l’amazighité, crée il y a plus de 19 ans, qui est rattaché à la présidence de la République, est abandonné. Il n’a plus de haut commissaire depuis le décès de son ancien responsable, Mohend-Idir Aït-Amrane en 2004. Aucun département ministériel (à l’exception de la Culture dans certaines occasions) ne coopèrent avec le HCA. Mais peut-on espérer un changement en cette année 2014 ? C’est fort probable puisque même la dimension berbère de l’histoire algérienne est aujourd’hui de mieux en mieux assumée par l’Etat. Preuve en est, un colloque sur le roi numide Massinissa a été organisé à Constantine, à l’est du pays. Cette initiative se veut-être « un retour aux origines de notre histoire et de notre référent civilisationnel », affirment tout bonnement les organisateurs de ce colloque. Cela fait des années qu’un tel discours n’a pas été entendu en Algérie.

Essaïd Wakli 

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