Un nouvel indice pour le moins étonnant a fait son apparition mardi 24 juin. Le « Good country index » (que l’on peut traduire par « indice des bons pays ») classe les pays selon leur degré de participation au bien commun de notre planète. Sur 125 pays évalués, l’Algérie se place 111e

Le Good country index a été créé par Simon Anholt, conseiller politique indépendant qui travaille à développer et mettre en œuvre des stratégies visant à améliorer les échanges économiques, politiques et culturels entre les pays. Preuve de son sérieux et de son intérêt, cet indice a ensuite été relayé par la communauté TED, une référence dans les milieux universitaires. Les conférences TED (pour Technology, Entertainment and Design) sont une série de conférences internationales organisées pour diffuser « des idées qui valent la peine d’être partagées » selon le slogan de l’organisation.

Méthodologie et résultats globaux

Que mesure ce Good country index ? Comme l’explique Anholt, il vise à évaluer la contribution de chaque pays au bien commun de la planète et du genre humain. Donc, dans ce cas, l’adjectif « good » [bon] n’est pas employé comme l’opposé de « bad » [mauvais] mais plutôt de « selfish » [égoiste]. En d’autres termes, le Good country index n’a pas vocation à émettre des jugements moraux, mais à mesurer aussi objectivement que possible la contribution de chaque pays au bien commun.

Pour ce faire, Anholt a utilisé 35 indicateurs, repartis dans 7 catégories : science et technologie, culturel, paix et sécurité internationales, ordre mondial, planète et climat, prospérité et égalité, et santé et bien-être.

La liste totale des indicateurs est la suivante :

  • Science et technologie : nombre d’étudiants étrangers accueillis + exportations de journaux et revues + publications internationales + nombre de prix Nobel + nombre de brevets déposés
  • Culture : exportations de biens créatifs + exportations de services créatifs + cotisations à l’UNESCO en souffrance (en % des cotisations totales) + liberté de mouvement et attribution de visas + liberté de la presse
  • Paix et sécurité internationales: forces de maintien de la paix + cotisations au budget de maintien de la paix de l’ONU + implication dans des conflits internationaux violents + exportations d’armes + sécurité du réseau Internet
  • Planète & climat : biocapacité + exportations de déchets dangereux + émissions de polluants organiques dans l’eau + émissions de CO2 + émissions d’autres gaz à effet de serre
  • Ordre mondial : donations caritatives + nombre de réfugiés accueillis + nombre de réfugiés générés + croissance démographique + nombre de traités de l’ONU signés
  • Prospérité et égalité : ouverture au commerce + nombre de volontaires envoyés à l’étranger dans le cadre de missions des Nations Unies + taille du marché du commerce équitable + IDE (investissements directs étrangers) sortants + aide au développement
  • Santé et bien-être : aide alimentaire + exportations pharmaceutiques + donations volontaire à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) + aide humanitaire + saisie de drogues

Les résultats de cette évaluation ne sont pas surprenants. On retrouve en tête du classement l’Irlande, la Finlande et la Suisse, tandis que l’Irak, le Vietnam et la Libye se partagent les dernières places.

 L’Algérie, 111e sur 125 pays évalués

L’Algérie est classée 111e sur 125, devançant de peu le Cambodge et la Syrie. Elle n’est cependant pas à la traine sur toute la ligne : elle se classe notamment 45e lorsque l’on regarde les indicateurs de la catégorie paix et sécurité internationales et 57e pour la catégorie santé et bien-être. Mais les indicateurs de la catégorie prospérité et égalité plombent son score total, puisque l’Algérie est classée, pour ce secteur, 122e.

Plus précisément encore, il est intéressant de noter que l’Algérie réalise de très mauvais scores en ce qui concerne l’exportation de biens créatifs [creative goods exports], la liberté de la presse [freedom of the press], l’implication dans des conflits internationaux violents [international violent conflit], les émissions de CO2 [CO2 emissions], les exportations de produits pharmaceutiques [pharmaceutical exports] et les brevets [pattents]. À l’inverse, elle participe activement au bien commun grâce à l’aide alimentaire qu’elle fournit, la sécurité de son réseau Internet et ses saisies de drogue.

Les scores de l’Algérie dans les différentes catégories

Good country index 1

Good country index 2

Comment lire ces tableaux ? Pour chaque indicateur, l’Algérie est évaluée sur une échelle qui va du – (à gauche) au + (à droite). Le milieu de cette échelle correspond à la moyenne de tous les pays évalués. Cela signifie que, plus la barre s’étend vers la droite (le +), plus le pays obtient un score élevé pour l’indicateur concerné. À l’inverse, une barre allant vers la gauche révèle un score inférieur à la moyenne.

Article précédentRevue de presse. Quelle stratégie va adopter Halilhodzic face à la Russie ?
Article suivantAlgérie VS Russie : Gare au scénario ivoirien !