L’Algérien Lakhdar Brahimi accepterait le poste de Kofi Annan

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Des diplomates des Nations Unies ont confirmé que Lakhdar Brahimi assurera la fonction de médiateur international pour la Syrie. Il aurait accepté l’offre mais en posant certaines conditions.

Lakhdar Brahimi / DR

Le suspens aura été à son comble. Lakhdar Brahimi aurait finalement accepté de remplacer Kofi Annan dans sa fonction d’émissaire des Nations Unies. L’information a été dévoilée par l’agence de presse Reuters.

Il reprendrait donc, dès la fin août, le flambeau de médiateur international pour la Syrie, que Kofi Annan avait abandonné après que son plan de paix soit entravé par les divisions au sein du Conseil de sécurité de l’Onu.

Des conditions

Alors qu’il confiait ne pas être intéressé par ce poste, il y a quelques semaines, Lakhdar Brahimi aurait changé d’avis. Reuters, qui cite des diplomates proches des discussions, explique que le diplomate algérien aurait posé ses conditions avant d’accepter le poste, notamment  la modification de la nature de son mandat et sa dénomination. Ban Ki-Moon aurait accepté ses exigences. D’autres changements sont à prévoir, Lakhdar Brahimi devrait se poster à New York et non Genève comme Kofi Annan.

Pour le moment aucune annonce officielle n’a été faite et les diplomates interrogés n’en connaissent pas date.

Lakhdar Brahimi, ou la diplomatie périlleuse depuis  l’Algérie…

La mission en Syrie qui attend Lakhdar Brahimi représente un gros challenge. Après la démission de Kofi Annan, le retour des observateurs de l’ONU,  la situation syrienne sera-t-elle gérable pour le haut diplomate?

Lakhdar Brahimi n’en est pas à son premier coup d’essai. Âgé de 78 ans, il a déjà assuré plusieurs missions diplomatiques difficiles.  Sa carrière diplomatique il l’a débuté très tôt en tant que représentant du mouvement d’indépendance de l’Algérie alors qu’il n’avait que 22 ans.

Après ses études il se consacre au FLN, qu’il représentera à l’étranger, notamment en Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Birmanie et à Singapour.

Son rôle dans la politique algérienne se renforce à la libération de l’Algérie. En Mars 1963,  il est nommé par Ahmed Ben Bella comme premier Ambassadeur de l’Algérie indépendante au Caire.

Le poste le plus important qu’il a occupé en Algérie a été celui de ministre des Affaires étrangères dans entre 1991 et 1993, et c’est pendant ces années qu’il contribuera à l’élaboration de l’accord de Taëf, qui a mis fin à la guerre civile au Liban.

Il se retire de la vie politique et diplomatique algérienne en 1993, à l’âge de 59 ans.

…Et partout dans le monde

Pour les Nations Unies, il a été envoyé en Afghanistan qui était contrôlé par les talibans. Il  est intervenu en Afrique du Sud, préparant le terrain avant les élections post-appartheid qui ont offert la victoire à Nelson Mandela. Lakhdar Brahimi a également été le représentant spécial de l’ONU en Irak après l’intervention américaine en 2003, jusqu’à sa démission en 2005. Et les missions sont encore nombreuses.

Ses talents de diplomates ont été reconnus et salués. En 2002, il reçoit le prix du meilleur négociateur de la part de la Harvard Law School pour son rôle dans la négociation d’un gouvernement intérimaire après la chute du régime taliban.

AB

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