L’édition 2014 du concours Miss Algérie a été lancée mercredi 20 août lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Hilton à Alger. Une fois encore, le but affiché du concours est moins de révéler la plus belle Algérienne que de promouvoir la culture du pays.

Le lancement de l’édition 2014 de Miss Algérie a été officiellement annoncé mercredi 20 août, lors d’une conférence de presse qui a réuni le président du conseil détenteur des droits, Fayçal Hamdad-Cherradi, l’ancienne championne de judo et marraine du concours, Salima Souakri, Miss Algérie 2013, Rym Amari, et la journaliste Yasmine Farah, attachée de presse de l’événement.

Des auditions en Algérie mais aussi en France

Le comité de sélection a auditionné de très nombreuses jeunes femmes à travers toute l’Algérie ainsi qu’à Paris et à Marseille. 3 critères étaient essentiels pour espérer participer à l’aventure : avoir entre 18 et 26 ans, mesurer au moins 1,70 m, et être de nationalité algérienne.

Mais les finalistes ont aussi été sélectionnées pour leur beauté intérieure. Lors des castings, le comité de sélection s’est entretenu une dizaine de minutes avec chaque fille, posant entre 20 et 25 questions afin de mieux connaître son mode de vie et son niveau intellectuel. « On a sélectionné des profils divers, mais toutes les filles parlent entre 3 et 8 langues étrangères », se réjouit notamment Souakri.

2 semaines de stage pour préparer le concours

Au final, ce sont 20 jeunes femmes qui ont été retenues par le comité de sélection. Dès la fin de la conférence de presse, les candidates sont parties en direction de Sidi Bel Abès, où elles vont suivre pendant deux semaines un stage de préparation au concours.

« Ce n’est ni un séjour de détente, ni un stage de mannequinat », a précisé Yasmine Farah. Les organisateurs de l’événement veulent en effet que leur miss puisse représenter au mieux l’Algérie – pas seulement qu’elle soit une jolie potiche. C’est pourquoi les 20 jeunes femmes vont suivre des cours de français, d’anglais, de civisme, de bonnes manières, de communication, de culture algérienne et de sport. « Toutes les filles seront gagnantes, même celles qui ne seront pas couronnées, puisqu’à l’issue du stage elles repartiront avec des diplômes certifiés en langues étrangères », a souligné Souakri.

En plus de se perfectionner en langues, les participantes profiteront de ces 2 semaines de stage intensif pour découvrir en profondeur la culture algérienne. « La miss doit être « algériennement algérienne », elle doit représenter l’Algérie toute entière et pas seulement sa région d’origine », a insisté Farah.

Pendant ces deux semaines, une émission quotidienne sera diffusée sur la télévisons nationale, pour permettre au public de se familiariser avec les candidates et de choisir sa favorite.

Geneviève de Fontenay, présidente du jury 2014

Le public est en effet appelé à voter lors de la grande soirée de couronnement qui aura lieu le 5 septembre à l’hôtel Hilton, à Alger, et qui sera diffusée en direct à la télévision.

« On souhaite que les Algériens regardent le concours en famille, c’est pour cela que l’on fait attention à ce que l’on va montrer, notamment à la tenue des filles« , a expliqué l’attachée de presse. « Mais c’est également l’occasion d’ouvrir l’esprit de nos concitoyens », a-t-elle ajouté.

Le jury sera présidé par la Française Geneviève de Fontenay, déjà présente lors de l’édition 2013. « En 2013 elle a été si agréablement surprise par le concours qu’elle a tenu à revenir cette année », a détaillé Farah, honorée que l’ancienne présidente du comité Miss France soit si enthousiaste.

miss algérie
Geneviève de Fontenay avec Miss Algérie 2013

Il faut dire que ce n’est pas le cas de tout le monde. Énumérant les points négatifs de l’organisation d’un tel événement, le président du comité détenteur des droits a regretté que « certaines personnes » soient réticentes envers le projet, et que de nombreux sponsors algériens préfèrent soutenir des événements étrangers plutôt que de s’associer à un concours 100% algérien.

Miss Algérie 2014 repartira avec une couronne et des cadeaux, mais les organisateurs n’ont pas souhaité dévoiler la liste des présents qui lui seront remis. « On ne parlera pas des cadeaux parce qu’on ne veut pas d’un titre matériel, on ne veut pas que les filles concourent pour une voiture ou un voyage », a expliqué Hamdad-Cherradi. Rym Amari, Miss Algérie 2013, a à cet égard confié que « [son] plus grand cadeau, [son] plus grand privilège, c’est de représenter notre cher pays ». « Et ça, ça n’a pas de prix », a-t-elle précisé.

Promouvoir l’émancipation de la femme algérienne

Le concours Miss Algérie avait repris en 2013 après 10 ans d’absence. L’édition 2013 s’était tenue le 21 juin à Oran, en présence d’invités prestigieux. La gagnante, Rym Amari, étudiante en sciences de la matière à l’université de Bab Ezzouar, avait alors 19 ans.

Depuis, sa vie a changé. Tout au long de l’année, elle a multiplié les voyages à l’étranger et a représenté l’Algérie dans plusieurs concours internationaux. Rym Amari a même été invité à participer au Festival de Cannes, le plus grand festival de cinéma du monde, mais a dû décliner l’invitation pour se concentrer sur ses examens. « Pour le comité d’organisation, les examens passent avant tout », a justifié le président. Miss Algérie 2013 s’est également associée à de nombreuses actions caritatives en Algérie, notamment envers les enfants défavorisés.

« Ce n’est pas un challenge facile, mais j’ai fait de mon mieux pour concilier mes études et mon rôle de miss », a confié la jeune femme, lors de la conférence de presse, diadème sur la tête et écharpe autour du cou. « Je pense que ce concours révèle le dynamisme de notre société, et que c’est un moyen de promouvoir l’émancipation de la femme algérienne », a-t-elle également affirmé.

Un point de vue partagé par la marraine de l’édition 2014, selon laquelle « le concours met en avant la beauté des filles mais aussi la culture algérienne puisque les finalistes défilent avec des habits traditionnels ». C’est d’ailleurs pour cette raison que l’ancienne championne de judo a accepté de parrainer le concours, malgré un emploi du temps très chargé.

Le concours de Miss Algérie 2013 a suscité beaucoup d’enthousiasme. Mais les Algériens ne se sont pas autant passionnés pour l’événement que les étrangers. « Miss Algérie 2013 était une réussite oui, mais beaucoup plus à l’international qu’en Algérie, où nous avons obtenu une attention presque nulle », a regretté Farah. « On espère un accueil différent pour l’édition 2014 », a-t-elle conclu.