Hospitalisé depuis plus de trois semaines à Paris, le président algérien ne semble plus tenir les rênes d’un pays où la nervosité grandit de jour en jour.

L’état de santé du président Bouteflika, hospitalisé au Val-de-Grâce à Paris depuis le 27 avril dernier, a provoqué un premier geste de nervosité des autorités algériennes ce dimanche. Mon Journal, un quotidien pourtant peu diffusé, a été – fait très rare – saisi aux aurores à l’imprimerie. Il annonçait l’entrée du président « dans un coma profond ».

Une certaine retenue marquait les propos des Algériens au sujet de la maladie du président. Mais de nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours pour réclamer la publication d’un bulletin de santé d’Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, victime d’une hémorragie gastrique en novembre 2005 et évacué déjà au Val-de-Grâce. « Si le président a subi un accident ischémique transitoire sans séquelles comme cela est dit officiellement, alors il devrait avoir récupéré en bonne partie au bout de trois semaines », explique le docteur Adjil, cardiologue. Or, le mystère sur son état de santé s’épaissit au fil des jours.

Des revendications sociales qui se multiplient

À l’inverse de 2005, la maladie présidentielle n’a pas tétanisé le pays. « Les Algériens ont appris à vivre sans lui, surtout cette dernière année où il n’apparaît plus qu’en de rares occasions », explique Farid Aghmine, juriste. Son absence perd souvent de sa gravité dans les médias. Une caricature de Ali Dilem, dans Liberté, montre le président sur son lit d’hôpital cerné de tuyaux avec, sous le titre narquois « Bouteflika suit de près les affaires en Algérie », une bulle : « Je vous disais bien que je reste connecté. »

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