Le chardonneret, cet élégant oiseau très apprécié pour son ramage et qui peuplait jadis la plaine de la Mitidja et les premiers contreforts de l’Atlas blidéen, est, aujourd’hui, menacé de disparition dans ces zones. Un oiselier, connu sur la place de Blida et jouissant d’une très longue expérience dans l’élevage du chardonneret, tente une explication: «la chasse sauvage de cette espèce volatile, pratiquée à grande échelle à des fins lucratives, ainsi que l’avancée du béton qui a anéanti les zones d’habitat et de reproduction du chardonneret, sont à l’origine de sa disparition progressive».

Pour ce spécialiste, «le temps de la chasse à la glu est révolu et les chasseurs utilisent de nos jours le filet, une pratique dévastatrice qui menace sérieusement ce passereau, notamment dans les plaines où il reste très vulnérable». Cet oiseau qui est menacé de disparition en raison de son succès d’animal de compagnie, est également «chassé en période de reproduction, un autre facteur qui a grandement contribué à son anéantissement de cette espèce». Le mâle, qui joue un rôle prépondérant dans la nichée, a peu de chance de survivre quand il est chassé en période de reproduction et meurt souvent de stress, selon ce spécialiste qui lance un véritable SOS pour la sauvegarde de cette espèce, pourtant protégée par la loi. Cette protection passe, selon lui «par un contrôle sévère au niveau des marchés hebdomadaires où les amateurs d’oiseaux et même les étrangers, notamment des marins de passage en Algérie, font razzia sur le chardonneret». Le marché des oiseaux de Blida attire chaque vendredi un grand nombre d’oiseliers venant des quatre coins de la wilaya et même des wilayas limitrophes qui pour vendre qui pour acheter jetant plus particulièrement leur dévolu sur le chardonneret.

Jusqu’à… 4.000 euros

Ces oiseliers, généralement des connaisseurs, usent à chaque fois de beaucoup de ruse et de patience pour choisir les oiseaux les plus beaux et les plus performants. Les prix du chardonneret varient selon l’âge, la taille, le plumage ainsi que sa capacité de reproduction car il s’accouple généralement avec le canari pour obtenir des hybrides appelés communément «mulets» et qui produisent un chant particulièrement agréable.

Ce passereau, dont le prix varie entre 1.000 dinars pour les jeunes jusqu’à 15.000 et même 18.000 dinars pour les chardonnerets dits «phénomènes» à cause de la couleur de leur plumage, bien différente des autres, fait l’objet également d’un vaste trafic vers l’Europe où il est cédé à un prix qui peut atteindre jusqu’à… 4.000 euros (400.000 dinars) l’unité, selon un oiselier. Il existe, selon un ornithologue, 122 espèces de chardonnerets dont les plus connus sont le Sizam qui se distingue par sa queue blanche, le Charbonnier dont le plumage noir est prédominant et qui sert à l’accouplement, le Févier, au plumage plutôt blanc, ainsi que le cardielus major, originaire de Sibérie (Russie) et qui se distingue des autres par sa grande taille. Le chardonneret peut vivre jusqu’à 24 ans en captivité et plus en liberté. Le directeur du parc national de Chréa, Dehal Ramdhane, signale que le chardonneret est protégé par la législation algérienne au même titre que beaucoup d’espèces animales non domestiques à travers le décret 83-509 du 20 août 1983, mais que la défaillance réside au niveau de l’application des textes.

Avec Le Financier
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