Le cinéaste Ahmed Rachedi : « la commission de lecture du ministère des Moudjahidine a refusé de garder le nom berbère du film Krim Belkacem »

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Dans une interview accordée au quotidien d’information El Watan, hier mercredi, le cinéaste, réalisateur des films Krim Belkacem et Benboulaïd, Ahmed Rachedi a affirmé que la commission de lecture du ministère des Moudjahidine a refusé de garder le titre berbère du film Krim Belkacem qui était à l’origine Dhargaz (homme).  

Le réalisateur et cinéaste algérien de Krim Belkacem avoue, dans un entretien accordé au quotidien d’information francophone El Watan, hier mercredi, qu’il n’a pas pu travaillé librement sur son film. En effet, la première réserve qu’a émise la commission de lecture du ministère des Moudjahidine concerne le titre. Si le cinéaste algérien a choisi un titre berbère Dhargaz (homme) au film retraçant le parcours du patriote, la commission a exigé le changement du nom du film. Par ailleurs, Ahmed Rachedi a révélé également que la place accordée au moudjahid Abane Ramdane a été réduite étant donné que la commission a demandé à ce que ce dernier ne soit pas largement évoqué. «Je ne peux pas dire qu’on n’en a pas tenu compte d’autant plus que le neveu de Abane, qui est un homme charmant et gentil, m’a envoyé un courrier me disant qu’il fallait mettre ceci ou cela sur le martyr. J’étais face à deux incursions dans le travail créatif. Des incursions qui ne prennent pas en considération le fait que le cinéma c’est de la fiction ! », a-t-il déclaré.

Assurant que le scénario de son film s’est inspiré à 90% d’évènements qui ont réellement eu lieu, Ahmed Rachedi a souligné que «les moments d’avant le déclenchement de la guerre de libération ont été traités légèrement », mais que tout au long du film, il n’y a pas eu un évènement que Krim n’ait vécu réellement. S’agissant des nombreuses personnalités qui n’ont pas eu de place dans le film en dépit de leur grande participation dans la guerre de la libération, à l’image de Ferhat Abbas, Benyoucef Benkhedda, Lakhdar Bentobal, le cinéaste qui a, à son actif, une douzaine de films, dont L’opium et le bâton (1969), Le doigt dans l’engrenage (1973), Le moulin de monsieur Fabre (1986) a expliqué que chacune de ces personnalités méritaient, à elle seule, un traitement à part. «On ne peut pas traiter toutes ses personnalités dans le même film. Si on leur avait «donné» la parole à tous, la séquence sur les négociations d’Evian aurait duré 80 minutes », a-t-il ajouté.

 

Nourhane. S.

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