La furie que provoquent les exploits de l’équipe nationale de foot ne sont pas un épiphénomène sportif. Non. Une simple analyse vous permettra de constater que les Algériens ne veulent plus que leur équipe de foot perde ne serait-ce qu’un match. Des exigences qui ont longtemps pesé lourdement sur le dos de nos pauvres joueurs, venus s’amuser et faire leur possible pour aller loin dans la compétition.

L’Algérie ne pardonne plus à ces braves footballeurs le moindre faux pas. Pourtant, tout équipe de foot est amenée un jour à subir des défaites et à devoir les assumer et les dépasser. C’est le sport avec sa fameuse règle qui veut qu’il y a toujours un gagnant et un perdant. Les Algériens, qui, il y à peine quelques mois, n’avait aucun espoir de jouer la Coupe d’Afrique, ont cru qu’ils ont déjà l’équipe du Brésil pour eux. Et que rien ne pouvait les arrêter désormais. La phrase de Bougherra qui tentait de nous rappelait qu’ils (nos joueurs) ne sont pas des Ronaldinho est révélatrice en soi. Elle laisse filer un certain sentiment de pression à supporter pour nos joueurs. Une pression inutile et totalement superflue pour des athlètes qui ont déjà assez de travail comme ça. Mais ce que Bougherra doit comprendre, c’est que les Algériens ne voient plus en lui et ses coéquipiers de simples joueurs de foot qui peuvent gagner et perdre. Pour nous, désormais, notre équipe de foot est notre seul faire-valoir. La seule chose qui fonctionne bien chez nous. Qui nous rend heureux et qui nous procure d’intenses émotions. La seule source de bonne nouvelle. Le seul exemple de courage et de témérité. Mais surtout, la seule et unique source d’amour et d’affection entre un peuple et une partie de son élite. Bougherra a raison de calmer les ardeurs des Algériens, mais c’est déjà trop tard cher Madjid: vous n’êtes plus des footballeurs, vous êtes le seul espoir d’un peuple qui s’accroche à votre hardiesse et qui souhaite que cela ne s’arrête jamais.

Hicham A.