Rien ne va plus à  l’institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audiovisuel (ISMAS) de Bordj El Kiffan, Alger. Cet institut prestigieux qui a longtemps formé des comédiens brillants et des artistes talentueux vit ses heures les plus sombres. Les étudiants de cet institut viennent, d’ailleurs, de lancer un véritable cri de détresse à la suite de la mesure qui a été prise par le ministère de la Culture. Ce dernier a décidé, tout bonnement, de chasser les étudiants qui ont enclenché une grève depuis plusieurs semaines un mouvement de protestation suivi d’une grève de la faim.

Dans un communiqué rendu public vendredi, le ministère de la Culture justifie cette mesure radicale en expliquant qu’il a décidé geler « toute activité éducative » au niveau de cet établissement « pour la préservation des personnes et des biens publics ». Le ministère de la Culture accuse également les étudiants grévistes de ne pas vouloir se conformer « aux décisions du conseil de discipline » lequel a ordonné l’expulsion de plusieurs étudiants « absentéistes ».  Face à la désobéissance des étudiants,  « la direction de l’institut a décidé d’introduire une action auprès du tribunal administratif en vue de faire promulguer une ordonnance portant évacuation des locaux », explique le département de Khalida Toumi, visiblement déterminé à en finir avec cette contestation estudiantine.

De leur côté, les étudiants grévistes ne lâchent pas prise, ils s’accrochent à leur revendications pédagogiques et lancent un appel au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et le Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, pour que ces derniers interviennent rapidement et sauvent ce   prestigieux institut qui tombe dans la déchéance. « Nous somme toujours déterminés à défendre jusqu’au dernier souffle le seul institut des métiers des arts du spectacle et de l’audio visuel en Algérie sans dévier de la voie pacifique du militantisme », expliquent ces étudiants dans une vidéo publiée sur YouTube. « Nous n’avons pas peur, ni de la machine bureaucratique qu’utilise les agents du ministère contre nous à travers ce complot de la fermeture de l’institut pour mettre fin à la formation public dans le domaine artistique, ni d’une autre politique colonialiste », ont-ils encore indiqué en dénonçant « cette marginalisation de la jeune génération, des artistes  rescapés de la décennie noire dans une Algérie qui fête ses cinquante ans d’indépendance ».