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Le PDG de Saïdal, Boumediène Derkaoui, a été limogé, mardi, sur instruction du ministre de l’Industrie. Le dirigeant d’un des fleurons de l’industrie publique nationale a appris la décision alors qu’il se trouvait en inspection à Constantine, indique le journal El Watan dans son édition de jeudi.

Selon la même source, c’est lundi après-midi que l’homme a appris, par téléphone, la décision de la tenue, pour le lendemain mardi, d’une réunion du conseil d’administration avec comme seul point à l’ordre du jour : mise à l’écart du PDG. Ce dernier, qui a compris les règles du jeu, ne s’est même pas présenté à la réunion.

Selon des sources citées par le quotidien, le différent entre Darkaoui et Boucouareb ne datent pas d’aujourd’hui. Le ministre n’aurait pas apprécié le refus du PDG de signer un contrat de fabrication d’insuline au profit d’une firme européenne. Des sources proches de Darkaoui ont précisé qu’il s’agit en réalité de Lotus, une insuline fabriquée par le Français Sanofi. Or, Darkaoui a mis en avant le fait que Saïdal a déjà conclu un accord avec le Danois Novo Nordisk. Le ministre n’a rien voulu entendre.

De plus, le désormais ex-PDG de Saïdal, remplacé par Mohamed Hamouche, directeur de la production pharmaceutique de l’entreprise, a refusé d’engager Saïdal dans la production de vaccins. Il a estimé que l’entreprise n’est pas encore prête pour cela. Mais le ministre voulait à tout prix pousser la société publique à signer un accord avec des groupes pharmaceutiques français et américains.

Les salariés et cadres de Saïdal ne comptent pas se taire. Ils ont déjà adressé une lettre au Premier ministre pour protester contre la décision de la mise à l’écart de leur responsable. «Nous tenons à vous informer, Monsieur le Premier ministre, que l’entreprise n’a jamais connu un tel développement et (nous) sommes convaincus de l’apport et de la vision stratégique qu’a apportée, qu’apporte et qu’apportera notre PDG Boumediene Derkaoui», écrivent les cadres du groupe qui réitèrent leur soutien «inconditionnel» à premier responsable qui, selon eux, «n’a ménagé aucun effort pour hisser l’entreprise au rang d’opérateur économique incontournable sur le marché national du médicament», rapporte Le Soir d’Algérie.

Autant dire que l’affaire n’a pas encore livré tous ses secrets.

Essaïd Wakli

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