Le « Petit Maghreb » : l’Algérie au cœur de Montréal

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Envie d’un couscous, d’un thé à la menthe, d’une assiettée de poissons frais, d’une pâtisserie castel ou tout simplement d’un bon kawa? Besoin de viande halal, d’olives et de dattes ? Rendez-vous au Petit Maghreb de Montréal, où la majorité des commerçants et des clients sont Algériens !

 Le Petit Maghreb est le seul secteur bien défini en Amérique du Nord à honorer la communauté maghrébine. Cette officialisation d’un quartier Montréalais-Maghrébin est due à Nacer Boudi, fondateur de l’association Le Petit Maghreb. « Je l’ai créé pour qu’un rapprochement envers notre société d’accueil se produise. Je voulais qu’elle connaisse tous les côtés de la communauté algérienne parce qu’à l’époque, l’idée qu’on se faisait de nous se résumait aux années de terrorismes que nous avions vécues. Le sentiment qui s’était installé n’était donc pas à 100 % saint. Alors je voulais médiatiser l’image réelle de la communauté, leur faire voir la vraie personnalité des Algériens et des Maghrébins en général, afin qu’on se rapproche d’eux », précise-t-il.

S’il attire surtout les Maghrébins que sont les Algériens, les Tunisiens et les Marocains, Le Petit Maghreb attise également la curiosité des Québécois et des autres communautés. « Les Québécois qui ne voyagent pas sont chanceux, car on leur ramène l’Algérie à Montréal ! On leur rapporte des produits spécialisés et on leur partage aussi nos traditions », mentionne Omar, propriétaire de la Boucherie Halal du Maghreb.

Épiceries, boucheries halal, boulangeries/pâtisseries, salons de thé, cafés, restaurants, coiffeurs pour hommes, cafés Internet, ce ne sont pas les services qui manquent au Petit Maghreb. « On a tout ce qu’il nous faut ici. C’est comme si nous n’étions jamais partis de l’Algérie », s’exclame un commerçant kabyle de 32 ans qui tient boutique sur la rue Jean-Talon depuis sept ans. « Il ne manque qu’une agence matrimoniale parce qu’il y a beaucoup d’Algériens célibataires à Montréal », ajoute-t-il.

/ © Dom Bernier

Rendez-vous au café !

Les Algériens ont réussi à recréer l’environnement de leur pays natal comme si nous y étions. On n’a qu’à entrer dans un café pour le constater : il n’y a que des hommes à l’intérieur… Comme à Alger, Oran, Constantine ou Annaba ! M. Boudi a toutefois tenu à clarifier un fait par rapport à la forte présence des hommes dans les cafés : « Il y a une fausse idée qui court, selon laquelle les cafés sont fréquentés par des gens qui ne travaillent pas, qui passent leur temps là et qui sont sur l’aide sociale. Ce n’est pas vrai. Certaines personnes travaillent la nuit et avant de se rendre au boulot, ils viennent prendre un café », explique-t-il. Il faut aussi savoir que les cafés sont des points de rencontre pour les Algériens. Lorsqu’ils ressentent un petit vide intérieur, ils y font un saut, car ils sont certains d’y trouver au moins une personne avec qui ils pourront discuter. « Ce sont des rendez-vous sans rendez-vous! Ça leur permet de sortir un peu de leur routine », signale M. Boudi.

 Toufik a immigré à Montréal il y a de cela neuf ans. Il fait un tour au café les weekends pour retrouver ses amis. « Ce sont de vieux amis. On se connaissait déjà en Algérie. Lorsqu’on veut se voir, se parler, on se donne rendez-vous dans un café du Petit Maghreb », dit-il. D’autres, comme ces quatre amis algériens, dont deux sont originaires de Médéa, un d’Alger et l’autre de Constantine, rencontrés au Café Sable d’or, se retrouvent dans les cafés afin de se ressourcer. « Les cafés du Petit Maghreb sont des points de repère par rapport à notre origine et à nos amis. On y vient pour se raconter de vieux souvenirs. Ça nous apporte un petit réconfort », fait savoir l’un d’entre eux. Ces derniers considèrent également les cafés comme un milieu de réseautage pour le travail. Plusieurs s’informent des possibles offres d’emploi auprès de leur entourage et s’orientent ensuite à partir de celles-ci pour postuler et trouver du travail…

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Marie-Pier Boucher

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