Le sud algérien manque de… Lorsque l’on décrit le Sud algérien, cette phrase est malheureusement devenue systématique. Manque d’infrastructures, de services, de biens, de vie sociale animée… La population locale ne cesse de lancer des appels au gouvernement pour pallier à l’absence d’un cadre de vie « acceptable » dans leur région.

Il est comme hors du temps et de l’espace. Et pourtant le sud algérien est une partie majeure du pays. Berceau de nos ressources  naturelles, cette région est sans doute celle qui produit le plus de richesses,  mais qui en profite le moins. Les perspectives et les moyens proposés aux habitants du Sud sont bien moindres qu’au nord du pays. Ces problématiques ont été à nouveau posées cette semaine lors d’une rencontre entre des membres du gouvernement, dont le Premier Ministre Abdelmalek Sellal et des notables et des représentants de la population d’Illizi.

Les infrastructures et les équipements en voie de disparition ?

Le manque criant d’infrastructures devient un réel handicap pour le sud de l’Algérie. Lors de la concertation entre les ministres et les notables de la région d’Illizi, un intervenant avait vivement interpellé Abdelmalek Sellal. « Monsieur le Premier ministre, la situation ne prête pas à rire. Je vous assure que la réalité est beaucoup plus noire que vous ne le pensiez. Je suis un enfant de la région. Je côtoie la jeunesse dont je fais partie et je vous assure qu’elle est en proie à tous les vents qui soufflent sur la région. Vous comprenez de quoi je parle. Les projets en cours de réalisation avancent en titubant. Les besoins sont de plus en plus pressants », avait déclaré cet intervenant, rapportait récemment le quotidien El Watan.

L’urgence est dans tous les secteurs : hôpitaux, établissements de formation, équipements, lieux de vie… Combien de temps les habitants du sud devront-ils attendre d’avoir assez d’infrastructures pour leur garantir un certain confort de vie ? En effet, ce sont des services essentiels qui sont absents.  Les hôpitaux ou tout service médical se font rares, dans le sud. Peu de médecins, notamment les spécialistes souhaitent travailler dans cette région désertique, où les habitants sont moins nombreux, et les conditions climatiques difficiles. Les conséquences sont terribles : le taux de mortalité est plus élevé, un manque d’informations et de prévention concernant tout type de soins.

Des demandes de logements à perte de vue

L’accès au logement est également un espoir auquel s’accrochent de nombreux habitants du sud. Des villes comme celle de Laghouat manquent cruellement d’habitations. Les listes de demandes de logements sociaux sont longues, et les délais d’attente désespèrent des familles entières, et déclenchent régulièrement des mouvements de protestation. Une récente marche de Ouargla vers Hassi Messaoud avait été suivie par plusieurs milliers de personnes dans le but de dénoncer ce manque important de proposition de logements.

Culture et formation aux abonnés absents

L’offre de services pour développer, les perspectives d’avenir ou encore le bien-être des habitants, est tout aussi pauvre. Les établissements de formation sont également une denrée rare. Pourtant, le sud a de la ressource, la région pourrait  développer des formations spécifiques au secteur des hydrocarbures.  Une idée évoquée lors de la venue du Premier Ministre à Tillizi. « Développer le Sud, c’est aussi créer des instituts nationaux spécialisés notamment dans les hydrocarbures dans ces régions. Pourquoi aller au Nord pour être formé dans une activité qui se trouve au Sud ? » avait alors lancé l’un des habitants de la ville. La culture est également très peu développée. Les lieux de culture sont quasi inexistants, et les alternatives pour les habitants du sud qui ne peuvent pas se déplacer dans le pays sont très réduites.

Quels changements ?

Des programmes de développement du sud sont constamment proposés mais tardent à se concrétiser. Lors de la visite des membres du gouvernement dans le sud cette semaine, le premier ministre a promis qu’il avait entendu les requêtes des citoyens du sud.  Notamment en ce qui concerne les problèmes du logement, de l’emploi et de l’environnement.

Plus concrètement, Dahou Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur a affirmé que l’aide de l’Etat au profit de l’habitat rural estimée à 700 000 DA sera portée à 1 million de DA, rappelant que 900 logements sociaux ont été réalisés et réceptionnés dans la wilaya d’Illizi entre 2011 et 2012. Le ministre de l’énergie et des mines Youcef Yousfi a, pour sa part, annoncé que le groupe Sonatrach ouvrira bientôt un centre de formation pour les jeunes de la région, appelant ces derniers à le rejoindre afin de consolider leurs opportunités à travailler au sein de Sonatrach.

Ces nombreuses propositions sont une lueur d’espoir pour tous ces Algériens du sud, mais comme toujours ils sont las d’entendre des propositions et de voir des projets qui tardent à se réaliser. Seul le concret pourra les satisfaire…