Depuis quelques années, les cas de suicide et de tentatives de suicide ne choquent presque plus et sont devenus de banals faits-divers pour les pages société de nos journaux.

La raison de leur banalisation est due à leur fréquence et leur augmentation constante. A la fin du premier trimestre 2008, la Gendarmerie nationale avait communiqué son bilan sur le phénomène ainsi que son interprétation.

Un bilan qui n’est en rien exhaustif, car d’autres services, tels la Protection civile, les hôpitaux et la Sûreté nationale ont, à leur tour, fourni des chiffres .

Pour ceux de la Gendarmerie nationale, on signale que 33 cas de suicide ont été enregistrés au cours du 1er trimestre 2008, dont 26 personnes de sexe masculin, âgées entre 17 et 30 ans. 24 d’entre eux étaient des chômeurs. No comment!

Sur ce même sujet, le professeur Farid Kacha, chef de service des maladies mentales à l’hôpital psychiatrique de Cheraga, avait indiqué ultérieurement que 30 à 40% des cas de suicide en Algérie sont dus aux dépressions nerveuses.

D’un point de vue purement scientifique, le taux de suicide en Algérie serait de 2 sur 100.000 habitants. Il touche notamment les hommes d’un âge avancé, ceux qui souffrent des problèmes de la solitude, des problèmes sociaux, de l’anxiété et des troubles de la personnalité. Quant aux tentatives de suicide, le professeur Kacha dira que ce phénomène dépasse de 15 fois les cas de suicide, soit 34,1 sur 100.000 personnes chaque année, notamment chez les adolescents.

«76% des cas de suicide en Algérie sont enregistrés chez les adolescents dont les trois quarts chez les femmes et 6% chez ceux qui récidivent après une tentative loupée», avait-il affirmé. Poursuivant son analyse, le spécialiste conclut que «l’adolescent est souvent fragile de personnalité et sensible face aux échecs et aux dépressions, ce qui l’incite à se suicider» en utilisant différents moyens, notamment les produits chimiques comme les détergents nocifs, avant de recourir, en dernier ressort, à se couper les veines».

Enfin, les recoupements de certaines études hospitalières montrent que 10 à 13 % des sujets atteints de schizophrénie décèdent par suicide. Et le nombre de tentatives de suicide peut aller de 18 à 50 % d’après certains praticiens.

Algeriefocus.com

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