Après avoir boycotté les dernières élections législatives, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) pourrait bien renouer avec la chambre basse du parlement dès les élections du printemps prochain.

Le parti que préside Mohcine Belabbas n’a pas encore pris la décision de manière formelle puisqu’il faudra attendre une réunion de son Conseil national à cet effet. Mais des indiscrétions avancent que le RCD ne pourra pas rester, éternellement, en marge de la classe politique nationale. Malgré une opposition frontale au régime, le parti démocrate sera contraint, cette fois-ci, de participer au scrutin législatif.

Parmi les grands inconvénients que partagera le RCD avec d’autres formations politiques, les dispositions de la nouvelle loi portant régime électorale qui fait presque obligation aux partis de participer aux élections. Cela passe notamment à travers l’obligation faite aux partis de justifier 4% au précédent scrutin pour pouvoir présenter des listes. Un justificatif que ne peut fournir qu’un parti qui participe régulièrement aux élections. A défaut de ce pourcentage, la formation politique devra faire parrainer sa liste par 10 élus (donc des députés dans le cas de législatives), un score que presque aucun parti politique ne peut réaliser.

L’autre «contrainte» qui pousse le RCD à participer aux législatives est d’ordre financier. L’Etat ne finance, en effet, que les partis disposant de parlementaires. Le Trésor public octroie annuellement 400 000 DA pour chaque député ou sénateur. Or, le RCD, dont les contributeurs ont sensiblement diminué, ne pourra plus se passer de cette manne.

De plus, les cadres de ce parti nourrissent des ambitions personnelles qui poussent les instances à opter pour la participation aux prochaines élections législatives.

Essaïd Wakli