Après les multiples actions de protestation organisées par les jeunes chômeurs du Sud du pays, il était clair que les autorités allaient s’appuyer sur les entreprises publiques, l’administration et les corps constitués pour absorber leur colère.

Ainsi, d’après la police, qui a organisé du 23 au 25 avril dernier un salon de recrutement à Ouargla, durant lequel le DG de la police, le général major, Abdelghani Hamel, a annoncé le recrutement de 6180 jeunes, voilà que l’une des filiales de la Sonatrach, en l’occurrence l’Enafor (Entreprise nationale de forage), une entreprise basée à Hassi Messaoud, dans la wilaya de Ouargla, vient d’annoncer une vaste opération de recrutement. En effet, le directeur général de l’entreprise, Djamel Khaldi, a indiqué à l’APS que l’Enafor va renforcer ses effectifs à hauteur de 10% avant de la fin de l’année 2013. Des emplois qui profiteront à la main d’œuvre local, précise-t-on. Le premier responsable de l’entreprise a signalé que dans le cadre des investissements consentis, l’Enafor a pu acquérir quatre nouveaux appareils de forage. Ce qui lui permettra de créer « plus d’une centaine d’emplois directs et autant indirects. »

Il est utile de rappeler que durant le mois de février dernier, la filiale de Sonatrach avait racheté les parts d’une entreprise américaine, Weatherford, détenus dans la joint-venture MSIS, spécialisée dans la rénovation et la réparation de tubages et de matériels de forage. L’ensemble du personnel de MSIS avait été intégré à l’Enafor. Durant la même période, cette dernière s’est également «offert» le club du Sud du pays, la JS Saoura, évoluant en championnat de football de Ligue 1. C’est la Sonatrach qui avait décidé de racheter quatre clubs – un de chaque région – à travers l’entreprise mère et trois de ses filiales. Ainsi, Sonatrach a acquis les actions du MC Alger, alors que l’Enafor, Naftal et Tassili, se sont chargés de la JS Saoura, du MC Oran et du CS Constantine. Pour dire que quelques fois, les décisions de ces entreprises ne sont pas motivées par des préoccupations économiques. Est-ce le cas donc actuellement ? Coïncidence ou pas, il se trouve que lorsque des mouvements de protestation des chômeurs du Sud du pays a commencé à se durcir, des postes ont, comme par magie, pu être dégagés.

Elyas Nour

Article précédentBouteflika, cette ambulance sur laquelle tout le monde tire
Article suivantUne grève de trois jours a commencé lundi dans les hôpitaux algériens