Comme beaucoup de salariés, l’un des premiers gestes que j’accomplis chaque matin est celui d’allumer mon ordinateur pour consulter mes courriels. Jusqu’ici, rien de très original. Et là, à mon grand étonnement je découvre que des dizaines de jeunes femmes rêvent de me rencontrer.

Elles me déclarent leur flamme en anglais. Le nom du site Slate doit les inciter à penser que je maîtrise mieux la langue de Shakespeare que celle de Molière. Quelle délicate attention! Quelle marque d’estime!

Elles se disent jeunes, belles, sympathiques. Et elles cherchent désespérément à rencontrer l’âme sœur. Elles ne rêvent que d’une chose dans la vie: faire ma connaissance. Elles ont beaucoup entendu parler de moi. Par des voies que j’ignore.

Le mail de la princesse

Comme ces courriels arrivent sur ma boîte Slate, la conscience professionnelle me pousse à les lire. En tout cas, à les survoler. Sinon je risque d’envoyer par mégarde un texte important à la poubelle. Un matin, c’est même une princesse qui a pris la peine de m’écrire. Une dénommée Princesse Johnson.

Un instant j’ai frissonné. Princesse Johnson ne serait-elle pas apparentée au prince Johnson du Liberia? De sinistre mémoire… Le seigneur de guerre qui avait torturé à mort feu le président Samuel Kanyon Doe. Prince Johnson, ce grand humaniste qui avait filmé les sévices infligés à Samuel Doe. Exploits filmés qui ont circulé dans toute l’Afrique.

Est-ce vraiment une bonne idée de s’engager dans une relation épistolaire durable avec la sœur d’un pareil individu? L’idylle ne risque-t-elle pas de tourner au cauchemar, filmée par les sicaires de Prince Johnson?

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Pierre Cherruau

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