to « Dans la nature innée des hommes se trouve le penchant vers la tyrannie et l’oppression mutuelle ».le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldun

Il s’agit pour tout intellectuel, c’est-à-dire femme ou homme qui, du fait de sa position sociale, dispose d’une forme d’autorité de la mettre à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l’esprit critique de s’émanciper des représentations sociales. Car un intellectuel n’est pas nécessairement un philosophe ou un écrivain ou un professeur d’Université, et c’est cela qui fait que les journalistes jouent souvent le rôle des intellectuels autrefois réservés aux scientifiques surtout dans une société hyper médiatisée de prôner la tolérance et le respect d’autrui loin de toute attitude de haine . Car, le rôle de l’intellectuel n’est pas de produire des louanges par la soumission contreproductive pour le pouvoir lui-même en contrepartie d’une distribution de la rente, mais d’émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité pour faire avancer la société grâce à un débat contradictoire utile.

C’est pourquoi je considère que le match Algérie Egypte doit être replacé dans sa véritable dimension sportive, car dans toute compétition sportive , il y a forcément un gagnant et un perdant et il est normal et cela se passe dans les pays développés qu’une victoire cristallise une liesse populaire momentanée mais sans que cela aille vers un affrontement diplomatique. L’essentiel de mon point de vue pour l’avenir d’une Nation est son niveau de développement liant l’efficacité économique avec une profonde justice sociale grâce aux deux fondamentaux du XXIème siècle à savoir la bonne gouvernance grâce à la démocratie tenant compte de nos valeurs culturelles, un État de droit et la valorisation du savoir tenant compte de la transformation du monde.

Il s’agit d’éviter cette illusion d’un chauvinisme nationaliste étroit, néfaste, largement dépassé, et l’expérience des pays émergents doit être méditée à la fois par les dirigeants algériens et égyptiens qui doivent améliorer leur gouvernance et impulser la dynamique de la croissance au profit de leur peuple en combattant l’injustice et la corruption qui dans ces deux pays prend des proportions dangereuses selon l’avis unanime des organismes internationaux entre 2005/2009 , menaçant le fondement de l’Etat et donc leur sécurité nationale.

IL nous appartient à nous intellectuels de dépassionner les relations en toue objectivité, loin de toute instrumentalisation politique en analysant et proposant, un diagnostic sans complaisance et les perspectives du devenir de nos Nations chacun selon son point de vue, certainement contradictoire –car le plus grand ignorant est celui qui prétend toute savoir. En fait l’histoire depuis que le monde est monde , nous enseigne malheureusement , que certains pouvoirs et cela s’applique également aux pays développés , confrontés à l’impasse de leurs politiques auprès leurs populations , ce que les économistes appellent « crise » essaient de trouver comme soupape de sécurité des facteurs externes, parfois la guerre ( l’exemple le plus récent et le plus dramatique étant le nationalisme hitlérien) mais qui ne résolvent pas les problèmes essentiels du développement.

Car après l’euphorie pour les uns et la déception pour les autres, les populations algériennes et égyptiennes seront à nouveau confrontées à la dure réalité sociale. Amis intellectuels évitons le chauvinisme, tout dérapage verbal ou écrit et appelons au calme, au calme.

Docteur Abderahgmane MEBTOUL Professeur des Universités – Expert International