La médina center de l’hypermarché Ardis, abrite, du 22 au 25 avril, le 1er salon du chocolat et de la confiserie à Alger. Un grand nombre de chocolatiers algériens, et représentants de marques étrangères, sont venus égayer les étals de ce salon, au grand bonheur des amoureux du chocolat.

Les allées du salon font saliver les gourmands des chocolats savoureux. Un produit aux bienfaits prouvés pour la santé et le moral, disent les exposants. Les visiteurs ont droit à la dégustation d’une grande variété de chocolat dans tous les stands des exposants. Les amoureux du chocolat, qui n’ont pas pu pas rater un tel rendez-vous, sont facilement reconnaissables dans les travers du salon. Amusés, des regards «dévorateurs» et scrutateurs sur les divers chocolats exposés sous des formes généreuses et des couleurs bariolées.

«Non, ce n’est pas une bonne adresse pour moi, l’amoureuse du chocolat que je suis. J’adore le chocolat, mais je suis en régime alimentaire. Je souffre depuis que je suis rentré ici. Je ne pense pas pouvoir résister à la tentation», confie d’emblée Hanane, une jeune algéroise inconditionnelle du chocolat déchirée par le dilemme auquel elle est confrontée. Confuse entre le plaisir de se retrouver au milieu de ce «paradis du chocolat», et la contrainte de son régime alimentaire qu’elle doit observer scrupuleusement, elle semble se consumer à petit feu…

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Les exposants, de leur côté, ont déployé tout leur savoir-faire pour satisfaire les visiteurs. Faire ancrer «la culture du chocolat» qui n’est pas répandue en Algérie, est l’un des objectifs de certains chocolatiers. Narimène, une responsable de «pause chocolat», représentant algérien de deux chocolatiers belges, estime que «les algériens ont le droit de découvrir et de goûter aux plaisirs des bons chocolats, sans avoir à se déplacer à l’étrangers, ou attendre quelqu’un pour leur ramener du chocolat de bonne qualité. Il faut que ça change», dit-elle. «Pour le moment nous importons les chocolats qu’on propose à la vente ici.  Mais dans un avenir proche, nous comptons produire ici même, en Algérie, nos chocolats de haute qualité » précise-t-elle. «Ça nécessite de gros moyens pour faire une marque de bon chocolat. Mais nous le ferons. Il y a de bons chocolatiers algériens qui ont de bonnes recettes » affirme notre interlocutrice.

De son coté, Doudou Brahim, directeur technique, et membre fondateur de la chocolaterie Mitidja, l’une des plus anciennes chocolateries du pays, fondée en 1969, insiste beaucoup sur la popularité du chocolat en Algérie. « Les algériens aiment, et consomment le chocolat depuis toujours. Nous avons commencé à importer du chocolat au lendemain de l’indépendance. On a vu qu’on pouvait en fabriquer ici en Algérie. En 1969, on a fondé dés lors notre société. Ça fonctionne très bien, le marché est très prometteur », révèle ce chocolatier qui reconnaît, tout de même, avoir rencontré « des problèmes aux débuts des années 2000, avec des produits de contrefaçon qui ont inondé le marché algérien ». Fort heureusement, après avoir tiré la sonnette d’alarme, « nos gouvernants, prennent enfin la décision de mettre en valeur le produit national », se réjouit-il. «Le consommateur doit faire confiance à la marque algérienne. Nous avons de bons chocolatiers qui font un excellent travail» ajoute-t-il.

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Ce salon est aussi l’occasion de découvrir des confiseries de toutes les sortes, fabriquées notamment avec du chocolat. La marque algérienne de confiseries «Chocodada» a même fait venir un chef pâtissier très réputé, d’Azazga dans la wilaya de Tizi-Ouzou. M. Assous a fait ses débuts dans la très connue pâtisserie «Le As» appartenant à sa famille dans cette ville de Kabylie reconnue et réputée pour ses traditions culinaires. Le jeune chef-pâtissier se perfectionne dans les écoles françaises, à travers des stages périodiques qu’il suit en France, à l’affût des nouveautés en savoir-faire. Il affirme que sa participation à ce salon est motivée par sa volonté d’animer des ateliers pour enfants. « C’est une excellente idée que j’aime bien. Donner une chance aux enfants pour s’initier un peu à ce métier, c’est ainsi qu’on peut déceler des dons. Des enfants qui peuvent devenir de grands chefs à l’avenir. Ce genre d’initiatives manque beaucoup en Algérie» estime-t-il. M. Assous a fait également des démonstrations dans la fabrication de confiseries devant des dizaines de visiteurs, émerveillés par son savoir-faire raffiné.

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Ce salon est également l’occasion pour les écoles de cuisine de proposer leurs formations aux jeunes intéressés. C’est le cas de l’école « La Chef» fondé il y a trois ans de cela par Virginia Anastasiadou, une chef-pâtissière Grecque internationalement reconnue. L’école située à Alger-centre accueille un grand nombre de stagiaires, trois ans seulement après son ouverture. « Nous apprenons la pâtisserie occidentale, notamment française, mais aussi algérienne à travers des formations de haut niveau. Le diplôme obtenu dans cette école est reconnu au niveau international », explique Nada, une étudiante en 2em année dans la spécialité pâtisserie au sein de cette école. «Nos pâtisseries traditionnelles sont magnifiques, mais on doit s’ouvrir aussi sur les spécialités et goûts venant d’ailleurs » assure-t-elle. Rappelons enfin que la première édition de ce salon, prendra fin demain, samedi. Les amoureux et les passionnés du chocolat ont donc encore une dernière occasion pour en prendre plein les yeux.

 Arezki Ibersiene