L’énergie solaire est le nouveau pari  des pays membres de l’OPEP. Les grands exportateurs d’hydrocarbures ne font pas pour autant leur révolution énergétique, mais s’assurent seulement de plus gros revenus.

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L’Arabie Saoudite, Abu Dhabi ou encore l’Iran se mettent-ils à l’économie verte ?  Les pays membres de l’OPEP ont décidé d’investir dans la production d’énergie solaire non pas pour trouver une alternative énergétique renouvelable, mais tout simplement pour augmenter leurs exportations de pétrole et de gaz.

Comme la plupart des pays, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole sont très dépendants du pétrole brut et du gaz naturel, qui leur permettent de produire leur propre électricité et de se fournir pour leur populations pour leurs besoins quotidiens.

Or cette exploitation personnelle réduit considérablement la quantité d’hydrocarbures qu’ils pourraient vendre à l’étranger. Par exemple, pendant l’été, les Saoudiens dépensent jusqu’à un million de barils de pétrole brut par jour, entre l’électricité, la climatisation, les transports… Ce qui équivaut à environ 10% de leur production actuelle.

Le solaire devient à la mode

Les Saoudiens sont donc les premiers à vouloir se lancer dans la production d’énergie solaire, pour combler leurs besoins nationaux. L’Arabie Saoudite espère qu’en produisant cette énergie renouvelable elle répondra à un tiers de sa consommation locale en électricité l. Près de 109 milliards de dollars pourraient être investis d’ici 2032 afin d’atteindre cet objectif.

Dans un discours prononcé l’an dernier en Pologne, le ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, Ali al-Naimi, a précisé le premier exportateur mondial de pétrole aspire à devenir une puissance solaire. «Le pétrole n’est pas la seule richesse du royaume : l’Arabie saoudite est bénie avec une abondance de soleil », a-t-il précisé, ajoutant qu’il était indispensable de  « faire de l’énergie solaire un produit naturel. »

Un autre pays prévoit de miser sur l’énergie solaire : l’Algérie qui envisage à terme de s’appuyer en majorité sur l’énergie solaire, pour répondre à 40% de ses besoins d’ici 2030. Elle soutient le fameux projet Desertec, un consortium qui vise à exploiter l’énergie solaire et éolienne dans le Sahara comme une nouvelle source d’électricité pour l’Europe. Le coût total de ce projet a été estimé à  500 milliards sur 40 ans.

Ailleurs dans le Moyen-Orient, les plans sont plus modestes, où il est question d’approvisionner seulement 5% à 10% de l’électricité domestique. Dubaï a fait le projet d’un parc de centrales solaires, d’un montant de 3,26 milliards de dollars afin de commencer à produire d’ici la fin de l’année 2013.

Abu Dhabi souhaite lancer la production d’électricité au plus tard cette année, avec ce qu’il appelle le projet de la plus grande concentration d’énergie solaire. L’énergie solaire concentrée utilisera des miroirs ou des lentilles pour diriger une grande partie de la lumière solaire sur une petite surface , ce qui pourrait accroître l’énergie produite.

Toutefois certains producteurs d’hydrocarbures s’interrogent sur la somme nécessaire à investir sur l’énergie solaire par rapport aux autres sources d’énergie renouvelables. Un expert en mécanique du groupe de production électrique MAPNA ( une société iranienne) estime que le coût de production d’énergie solaire reviendrait à 3.000 dollars par kilowatt. « L’énergie solaire a un potentiel, dit-il. Mais il sera cher. »