Donner un prénom à son fils est parfois problématique. Surtout quand il s’agit d’un prénom amazigh.

L’alerte vient d’être donnée par le secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité qui a révélé, dans El-Watan.com, que son département a proposé au gouvernement une liste de 1000 prénoms. En vain.  « Le déni identitaire est encore en marche dans notre pays », s’insurge Youcef Merahi qui dénonce le fait que la nomenclature actuelle des prénoms en Algérie remonte à 1981.

Le responsable de l’institution qui dépend de la Présidence de la République regrette, selon la même source, que dans certaines municipalités, des prénoms orientaux, parfois inspirés de séries télévisées turques ou égyptiennes, sont acceptés. Mais pas les prénoms berbères.  «Il est permis de prénommer son enfant par héritage (prénoms des grands parents) ou bien prénommer son enfant avec des prénoms à la mode comme ceux inspirés des séries turques ou égyptiennes (…) dès qu’il s’agit de  prénommer son enfant avec un prénom amazigh cela devient compliqué ! », s’est-il insurgé.

«Cette lenteur de la part de l’Etat pour ce qui est des prénoms amazighs n’est qu’un aspect de toutes les lenteurs dont se débat toutes les revendications liée à notre identité », fait remarquer, de son coté, Hamid Oubagha, militant associatif.

Des exemples de refus de l’administration de prénoms berbères sont légion. L’exemple de ce père de Bordj-Menaïel qui a patienté pendant 11 ans pour inscrire son fils est toujours dans les mémoires. C’est également le cas d’un père de Khenchela qui n’a dû inscrire ses deux enfants que par le biais d’une décision de justice.

Tous ces exemples convergents vers une chose : la promotion de la culture et identités amazighes dans le pays n’est pour l’instant qu’un slogan.

E. W.

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