La situation sécuritaire dans le pays connaît des développements effrénés ces derniers mois, en dépit de la grande mobilisation anti-terrorisme dont font montre les différents services de sécurité, notamment l’Armée nationale populaire (ANP).

L’on assiste en effet à une recrudescence relative des attentats terroristes dans certaines wilayas du pays, bien que la capacité de nuisance des groupuscules terroristes qui écument encore certains maquis du pays ait sensiblement diminué, somme toute, une lutte sans merci des éléments de l’ANP.

Le mois d’août courant, par exemple, a connu plusieurs attentats, minimes certes, mais qui renseignent sur la dynamique ascendante des groupes terroristes, après une très longue période de repli, acculés par la détermination des services de sécurité et la stratégie antiterroriste adoptée par l’Algérie.

Trois policiers ont été assassinés à Azeffoun dans la wilaya de Tizi-Ouzou, théâtre d’une marche citoyenne de condamnation, une attaque terroriste repoussée par les éléments de la Gendarmerie nationale à Lakhdaria (Bouira), des terroristes abattus un peu partout et des citoyens tués par un groupe terroriste dans la wilaya de Tlemcen à la frontière algéro-marocaine, et, tout récemment, un accrochage entre les éléments de l’armée et un groupe terroriste dangereux à Oued Djer dans la wilaya de Blida.

Autant de péripéties qui renseignent sur une dynamique inquiétante, conjuguée avec les développements alarmants de la situation sécuritaire dans les pays voisins, secoués par les conflits et l’instabilité politique, le Mali, la Libye et la Tunisie.

D’autres ingrédients confirment davantage cette recrudescence ; le Mouvement pour l’unicité et le Djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), redoutable organisation terroriste qui vient d’opérer une fusion avec le groupe du sanguinaire Belmokhtar, dont la tête est mise à prix par les Etats-Unis, enfantant une nouvelle nébuleuse baptisée  » El- Mourabitoun « , en guise de réorganisation de l’activité terroriste dans la sous-région du Sahel. Par ailleurs, les services de sécurité algériens sont dans une situation d’alerte maximale, et ce, depuis la dégénérescence de la situation politique chez nos voisins immédiats.

A ce titre, des contingents de militaires et de Gardes-frontières (GGF) avaient été déployés tout le long de la bande frontalière de l’Est, afin de prévenir d’éventuelles incursions terroristes des groupes, qui écument le mont Chaâmbi sur les frontières algéro-tunisiennes.

Cela va sans parler du Sud du pays, soumis à une surveillance très stricte depuis l’attentat terroriste perpétré sur le site gazier de Tiguentourine à In Aménas (Illizi).

Aussi l’ANP a-t-elle multiplié les ratissages dans plusieurs massifs forestiers et montagneux dans le nord du pays, en Kabylie notamment et à Khenchela dans l’Est du pays. C’est dire toute l’inquiétude que suscite cette progression effrénée des événements, dans un contexte sécuritaire régional des plus délicats.

Néanmoins, la grande mobilisation des services de sécurité et les gros moyens humains et logistiques mis sur pied, sont de manière à épargner au pays de sombrer dans de nouvelles tragédies, la longue expérience en la matière servant de leçon ineffaçable.

Lu sur Les Débats