Une nouvelle fois, l’Afrique sub-saharienne se retrouve au cœur d’un discours médiatique algérien qui cultive sans aucune gêne un racisme rampant. L’Africain noir est synonyme de maladies infectieuses, d’épidémies dangereuses et son seul rêve : venir mendier en Algérie ! Voici l’image que dresse de la société malienne un reportage publié mardi par le quotidien arabophone Echorouk. 

Après les athées, les noirs africains ! Echorouk, un quotidien à fort tirage et endetté jusqu’au cou des imprimeries publiques de l’Etat algérien, récidive et lance une nouvelle campagne haineuse qui attente gravement à la déontologie journalistique. Dans un reportage qu’aurait rédigé l’envoyé spécial à Bamako de ce quotidien aux tendances islamistes et conservatrices, les maliens sont décrits comme des porteurs d’Ebola, de Sida et de toutes sortes de maladies fatales. « Ni bonjour, ni bienvenue, le sida derrière vous et l’Ebola devant vous ! », voici le titre on ne peut plus significatif de ce quotidien algérien qui ajoute ainsi une nouvelle dérive à son palmarès.  Un dérive exécrable car ce reportage va jusqu’à peindre les maliens comme étant tous des mendiants qui rêvent de venir clandestinement en Algérie dans le seul but de gagner 10 mille Da par jour. Les maliens malades, dégoûtants et qui abusent de la générosité des Algériens, les passages de ce reportage flirt tout simplement avec les doctrines d’un certain Gobineau.

Tout un peuple est réduit à des maladies infectieuses et à des problèmes de santé comme s’il s’agissait d’insectes et non pas d’êtres humains. Echorouk n’a pris aucune peine de s’intéresser à l’histoire millénaire de ce pays voisin avec lequel l’Algérie partage tout un passé glorieux. Le quotidien algérien n’a donné aucun intérêt à la dimension humaine de ce pays diversifié et riche en patrimoine matériel et immatériel. Non, ces « africains noirs » n’en valent pas la peine à en croire ce média qui s’illustre à travers ses dérapages. Tout ce spectacle raciste se déroule sous les yeux bienveillants du ministre de la Communication, Hamid Grine.  Ce dernier passe pourtant ses journées à nous parler de professionnalisme et de déontologie, mais en réalité, il ne bouge même pas le petit doigt face à ces médias longtemps chéris par le régime.

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