La Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) est sortie de sa réserve pour dénoncer les atteintes répétées aux libertés collectives et individuelles.

 C’est un tableau des plus sombres qu’a dressé la ligue présidée par Me Nourredine Benissad. Pour elle, la situation a connu un pourrissement et un net recul ces derniers temps. Au centre des préoccupations de cette organisation, la série de restrictions qui a frappé les espaces d’expression pourtant pacifiques.

Me Benissad a notamment évoqué le cas d’El-Khabar qui représente, selon lui, l’exemple parfait des inquiétudes et des appréhensions que nourrissent les autorités vis-à-vis de ces tribunes d’expression libre. «L’action du gouvernement est brutale», a-t-il affirmé en tentant d’expliquer un comportement qui ne vise pas seulement les médias, mais tous ceux qui osent dénoncer les dérapages du régime.

La LADDH s’est également inquiétée des poursuites judiciaires engagées à l’encontre des responsables de KBC et l’emprisonnement pour certains, notamment Mehdi Benaïssa, le directeur de production de KBC, et Nora Nedjaï, fonctionnaire au ministère de la Culture chargée de délivrer des autorisations de tournage qui, selon lui, sont les victimes d’une machine qui instrumentalise la justice pour obtenir vengeance contre des personnes qu’elle perçoit comme hostiles.

Me Benissad a également a énuméré les noms de plusieurs personnalités qui ont fait l’objet de mesures répressives de la part du régime, parmi lesquelles figure le général Benhadid, les avocats et défenseurs des droits de l’Homme Nordine Ahmine, Salah Dabbouz, Belkacem Khencha, président du comité de défense des chômeurs, Hacène Bouras et le journaliste Mohamed Talmat qui font face au foudres des autorités qui ont outrepassé la loi fondamentale pour mettre hors d’état de nuire ces personnes.

À cet effet, la LADDH s’en est remise au président de la République, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire aux termes de la Constitution, en l’appelant à user de ses prérogatives pour faire cesser ces poursuites et appliquer les différents textes juridiques.

La LADDH a également invité l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour exiger l’exercice libre et pacifique des droits d’expression, d’opinion, de réunion, de manifestation, d’organisation et exiger aussi la libération de tous les détenus d’opinion, d’expression et de défense des droits humains.

Massi Mansour

Article précédentCrise/ Le FFS déterre son projet de «consensus»
Article suivantVague de chaleur/ 15 personnes ont succombé dans le Sud