Le respect des libertés syndicales fait l’objet d’une vive polémique entre le gouvernement algérien et la Confédération syndicale internationale (CSI).

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, Sharan Burrow, secrétaire générale de l’organisation internationale basée à Bruxelles, a interpellé les autorités algériennes sur l’arrestation de syndicalistes appartenant au Syndicat national pour les personnels de l’administration publique (SNAPAP).

La saisine des autorités algériennes a fait réagir l’ambassadeur algérien à Bruxelles, Amar Belani, qui a qualifié la protestation de la représentante syndicale «d’allégations mensongères qui déroge aux plus élémentaires règles d’élégance exigibles à l’adresse de la plus haute autorité d’un Etat souverain». Selon le diplomate, la journée de protestation des syndicalistes du SNAPAP du 30 novembre dernier, qui a suscité la réaction de la CSI, avait pour objet «le bouleversement de l’ordre public, voire la provocation d’une insurrection civile, un agissement éminemment politique et loin de toute revendication à caractère syndicale».

Dans sa réponse, Sharan Burrow a répliqué en des termes durs: «Concernant votre défense portant sur le fait que la protestation était illégale et politique et ne revêtait pas de caractère politique justifiant ainsi les arrestations, il est clair qu’aucune arrestation ou autre forme d’ingérence violente de la part de la police ne devaient se produire, dès lors qu’elles sont en rapport avec des actions de protestation pacifique qui ne sont même pas considérées comme illégale sous les lois nationales». Elle a ajouté: «L’image que vous nous donnez du respect de la liberté syndicale et du dialogue social en Algérie est malheureusement loin de la réalité».

Plus grave encore, la syndicaliste indique que les autorités algériennes ont «paraphé toutes les conventions» internationales relatives au droit de travail. Mais, sur le terrain «l’application» fait défaut.

Essaïd Wakli