Les nouvelles caricatures de Charlie Hebdo ont de nouveau suscité l’indignation au sein de la communauté musulmane, qui a vivement dénoncé l’offense faite à l’islam en dessinant le prophète. L’acte de l’hebdomadaire français a été socialement condamné, mais peut-il l’être religieusement?

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Charlie Hebdo a publié à deux reprises des caricatures du prophète/ DR

Et si les représentations de Mohamed étaient autorisées? Il y a lieu de se poser la question après une année où la dénonciation du blasphème aura été à la mode. Il faut rappeler l’indignation des Saoudiens pendant le ramadan contre la série Omar diffusée par la MBC. Le siège de la chaîne avait été pris d’assaut, la direction menacée. Les caricatures du prophète par Charlie Hebdo, épisode 2, mènent également à soulever cette interrogation.

Le Coran n’interdit pas les images du prophète

Le Coran est clair sur l’image d’Allah, on ne peut le représenter. Les idoles, que les religions polythéistes vénéraient pendant la période pré-islamique, sont  également bannies par le texte saint, car elles n’ont pas à rivaliser avec le Dieu unique. Quant à l’image du prophète, elle n’est tout simplement jamais évoquée, aucune sourate ne précise que la représentation de Mohamed est haram.

En revanche certains hadiths sont assez clairs sur cette interdiction. Le nom de Mohamed est bien cité, et interdisent  même le fait de dessiner des êtres vivants :  » Les anges n’entreront pas dans une maison où il y a un chien, ni dans celle où il y a des images. »

Cette culture du respect de l’image du prophète provient essentiellement des IXe et Xe siècles, période durant laquelle des juristes musulmans ont commencé à condamner les figures humaines, invoquant justement ces mêmes hadiths. La peur du retour de l’idolâtrie a durci la position des théologiens musulmans vis-à-vis de l’art figuratif.

L’image de Mohamed présente dans d’autres pays musulmans

Pourtant plusieurs pays musulmans se sont permis dans le passé, et aujourd’hui encore, de reproduire l’image du prophète dans un but religieux. L’Inde musulmane, l »empire perse, et aujourd’hui encore l’Iran, ont produit des images avec le prophète. Les figures trouvées actuellement sur les marchés de Téhéran le représentent, mais seulement à l’âge adolescent. Le Metropolitan Museum de New York dispose même d’une collection qui date du XV, XVI et même XIXème siècle. Il en est de même pour la BNF à Paris.

Il existe donc plusieurs avis et plusieurs écoles de théologiens, à vous de suivre l’explication qui vous semble la plus juste.

AB

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