Moscou affiche de vastes ambitions pour la Russie, en vue du retour de Vladimir Poutine au Kremlin à la présidentielle du 4 mars. Ces ambitions sont cependant peu réalisables si le pays ne compte que sur la rente pétrolière et les revenus de ses matières premières, expliquent les analystes. (Source : AFP) 

Le Premier Ministre russe, Vladimir Poutine s’apprête à se faire réélire pour un troisième mandat à la présidence de la Russie. Celui-ci décrète un grand nombre de promesses phares et surtout très coûteuses pour un pays toujours en développement comme la Russie. En effet, le Premier Ministre assure des augmentations considérables de budgets dans l’économie, pour atteindre son objectif suprême : devenir l’une des économies les plus puissantes d’ici à 2020. Pour ce faire, le Premier Ministre compte assurer des hausses de salaires dans l’enseignement mais surtout dans le domaine de la Défense avec une forte augmentation du budget lié à l’armée (590 milliards d’euros environ).

Autrement dit, l’objectif ni plus ni moins affiché par Poutine est de tripler le PIB par tête de la Russie, en moins de dix ans, en le faisant passer de 10.440 dollars à 35 000 dollars par habitant.

Or, bon nombre d’économistes et d’acteurs économiques russes importants comme Chris Weafer, soulignent que la période du pétrole-roi est révolue, notamment pour la Russie, qui ne peut plus compter sur l’or noir pour prospérer. En effet, malgré une hausse sans précédent du prix du baril de pétrole (100 dollars), aucun pays exportateur de pétrole est à l’abri d’un choc pétrolier, d’autant plus que l’embargo iranien sur le pétrole peut perturber les cours de celui-ci.

Ainsi, la situation russe n’est pas sans rappeler celle de l’Algérie, autre grand exportateur de pétrole, où le gouvernement s’appuie essentiellement sur l’or noir pour construire une économie de rente très fragile aux secousses économiques. En effet, bon nombre d’économistes et de rapports tirent la sonnette d’alarme sur une économie algérienne qui devient paradoxalement de plus en plus tributaire de ses revenus liés aux exportations de pétrole et de gaz (Source : Alternatives Economiques). Dans son livre Histoire secrète du pétrole algérien (Decitre, 2010), l’ancien haut dirigeant de la Sonatrach, Hocine Malti, mentionne les dangers que coure l’économie algérienne si elle continue à tirer profit essentiellement du pétrole.

Nombre de fois pour ces deux pays, la manne pétrolière a été la cause de fautes économiques lourdes de conséquences dans leur retard de développement.

Le peuple russe, tout comme le peuple algérien, est de plus en plus conscient que le pétrole  et les matières premières ne suffisent plus pour développer l’économie de leur pays, qui reste vulnérable à un probable choc pétrolier.

Bien que les deux pouvoirs soient sous pression et soumis à des logiques électorales, Poutine tout comme Bouteflika, devra renoncer à ses propres agencements afin de favoriser d’autres sources d’énergie et de développement économique.

Ania K. Ould-Lamara

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