Décidément rien ne semble assez fort pour dissuader le patron du groupe Dahli à mener à terme son mégaprojet Alger Medina. Après un premier revers suite aux résultats maigres de l’emprunt obligataire grand public lancé pour financer la construction de trois modules (une marina, deux hôtels-appartements et un parc aquatique), le PDG du groupe Daewoo Algérie hôtellerie, loisirs et immobilier (Dahli) commence à remonter la pente. Dimanche, Abdelouahab Rahim a annoncé que le parc aquatique Baba Arroudj sera livré en mars 2010. «L’avancement des travaux s’effectue à un bon rythme», a-t-il rassuré. Il a regretté toutefois des retards accusés pour certaines parties du projet Alger Médina en raison de la perturbation de l’approvisionnement du marché des matériaux de construction.

La vague de spéculation dans le marché des matériaux de construction s’est sensiblement répercutée sur l’état d’avancement des projets d’infrastructure et de construction. Conséquence: le groupe envisage une réévaluation du projet Alger Médina. Concernant les autres modules de ce mégaprojet, les tours et les appartements-hôtels connaissent un taux de réalisation respectif de 30% et 20%. Le groupe Dahli avait rencontré de grandes difficultés pour le lancement de son projet Alger Medina. L’emprunt obligataire lancé par le groupe n’avait permis de lever que 2,36 milliards de dinars. Le groupe espérait obtenir 8,3 milliards de dinars pour financer la construction de trois modules du projet. Dahli a placé 236.014 obligations assorties d’un taux d’intérêt progressif qui va de 4% pour la première année jusqu’à 6,75% la dernière année. Avant même l’expiration du délai de souscription à l’emprunt obligataire lancé par le groupe, de nombreux observateurs évoquaient déjà son échec cuisant. Le groupe avait, pourtant, obtenu le feu vert de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob) pour proroger le délai de souscription de deux semaines. Dahli avait mis tous les atouts de son côté en présentant des garanties et pas des moindres. Il s’agit de l’hypothèque sur l’hôtel Hilton et la tour Algeria Business Center, dont la valeur globale dépasserait les 23 milliards de dinars, selon la notice d’information fournie par le groupe Dahli à la Cosob qui l’a publiée sur son site web.

Les deux infrastructures couvriraient 176% du montant maximal de l’emprunt. Cela ne semble pas avoir convaincu les institutions financières. Ces dernières ont eu maille à partir avec le groupe Dahli qui avait déjà contracté des crédits bancaires entre 2000 et 2006 auprès de deux banques locales, totalisant plus de 4 milliards de dinars aux taux de 5% et 6% et d’une durée de 7,10 ou 20 ans, auxquels s’ajoutent 4,4 milliards de dinars dont il a bénéficié en décembre 2005. Le groupe hôtelier a remboursé plus de la moitié de ces prêts. Ces dettes ont probablement joué en sa défaveur. Alger Médina est située sur la baie d’Alger, sur une superficie de 75 hectares acquise en 2002 sous forme de concession-vente par la Spa Dahli. Alger Médina constituera un pôle d’attraction pour les plaisanciers et sera une destination pour les bateaux de croisière. Cet espace comprendra un long boulevard front de mer dans lequel les visiteurs pourront allier promenade, détente, achats et autres.

R.T.
Avec Le Financier

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