Le Mali s’enfonce davantage dans la crise. Alors que la thèse d’une intervention militaire dans le Nord de ce pays se fait de plus en plus insistante, le Premier ministre, nommé il  ya tout juste quelques mois, a été contraint d’annoncer, très tôt ce matin, la démission de son gouvernement. Cheick Modibo Diarra avait été arrêté, la veille, par l’armée en son domicile à Bamako alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour Paris pour «contrôle médical ».

 

« Moi Cheick Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une brève allocution à l’Office de radio-télévision du Mali sans donner d’explication à sa décision. L’air grave et les traits tirés, M. Diarra, vêtu d’un costume et d’une cravate sombres, a simplement remercié ses collaborateurs et souhaité que « la nouvelle équipe » qui lui succédera réussisse sa mission, rapporte ce matin le journal Le Monde.
La veille, le désormais ex-Premier ministre, avait été arrêté par des militaires. Il s’apprêtait à se rendre à l’aéroport quand il a appris que ses bagages avaient été débarqués de l’avion qui devait l’emmener en France et il est resté à son domicile où il a été arrêté. Quelques heures avant qu’il n’apparaisse à la télévision, un membre de son entourage avait annoncé à l’AFP que M. Diarra avait été arrêté à son domicile de Bamako « par une vingtaine de militaires venus de Kati », ville garnison proche de Bamako et base des ex-militaires putschistes. « Ils lui ont dit que c’est le capitaine Sanogo (ancien chef des putchistes) qui leur a demandé de l’arrêter », selon lui. Les militaires ont assuré qu’il ne s’agit pas d’un nouveau coup d’Etat. « Un nouveau Premier ministre sera désigné durant la journée », ont-ils assuré.

La démission du premier ministre malien survient au lendemain de l’annonce de l’Union Européenne de déployer au Mali 400 militaires, début 2013, pour former et entraîner l’armée malienne. Alors que l’aide internationale se renforce autour du Mali, la crise semble elle aussi s’intensifier. L’Algérie, de son côté a promis d’aider le Mali à retrouver la stabilité politique par ses propres moyens. « Nous continuerons d’aider ce pays voisin à renforcer ses capacités propres, avec l’objectif immédiat de l’aider à être l’acteur premier de son propre destin. Cette aide comprend naturellement le volet humanitaire, mais, également, l’appui diplomatique ainsi que la contribution au renforcement des capacités des institutions maliennes, qui sont sollicitées, en premier lieu, dans l’édification d’un Mali uni et stable », a assuré le président Abdelaziz Bouteflika.

E. W.