La violence juvénile a apparemment atteint un stade critique en Algérie. D’après une enquête sur la santé de la femme et de l’enfant à indicateurs multiples (MICS4), dont les conclusions ont été rendues publiques, aujourd’hui, par le ministère de la Santé, «près de 86% des enfants âgés entre 2 et 14 ans ont  reçu des punitions physiques ou psychologiques entre 2012 et 2013».

L’enquête, qui a été menée durant trois mois, d’octobre 2012 à janvier 2013, a touché, selon Amar Ouali, directeur de la population au ministère, pas moins de 28 000 foyers. Ce qui est à priori important. Les détails fournis dans cette étude sont encore plus renversants. 71% des enfants punis l’ont été physiquement et 23 % d’entre eux d’une manière très sévère. En d’autres termes, si l’on se fie aux conclusions de cette étude, les Algériens ont tendance majoritairement à violenter leurs enfants. Ceci sans compter les violences commises par des étrangers.

Cette même enquête, qui a touché à d’autres aspects de la famille, s’est également penchée sur les violences conjugales. A cet effet, il en ressort que 56, 6% des femmes  sondées, et résidant dans le nord du pays, affirment accepter d’être battues par leurs conjoints. Les raisons diffèrent, par contre, de l’une à l’autre. Le taux est de 47,9% pour les femmes du Sud du pays.

En somme, que ce soit contre les femmes ou les enfants, les violences, conjugale et juvénile, sont très présentent dans la société algérienne. Et c’est une enquête d’une institution de l’Etat qui l’affirme.

Elyas Nour