Un véritable pas en avant. Dorénavant, le procureur de la République ne pourra plus placer, à son initiative, une personne sous mandat de dépôt. Cette procédure obéit, désormais, aux prérogatives d’un juge de siège sous la forme d’une procédure de « comparution immédiate », a indiqué, lundi, le procureur général et représentant du ministère de la Justice, Abdelkrim Djadi.

Sur les ondes le radio Chaîne 3, ce dernier s’est montré rassurant et optimiste sur la réforme de la justice. Abdelkrim Djadi s’est dit satisfait des amendements apportés au Code de procédure pénale qui permettent à la Justice de garantir « la protection des droits de l’Homme et le renforcement des libertés ».

Le transfert de la prérogative de la mise sous mandat de dépôt au magistrat de siège permettra de faire de « la détention provisoire une « exception  » alors qu’elle fut par le passé une pratique abusive qui a porté gravement préjudice à des milliers d’Algériens innocentés, finalement, à l’issue de leurs procès.

A partir de janvier 2016, indique le même responsable, les juges procéderont au retrait des cas de flagrance, de mise en mandat de dépôt par le parquet et lutteront contre l’abus de détention préventive. « Nous sommes, en train de corriger toutes les décisions pouvant nuire à la liberté des personnes », promet le procureur général.  Mais est-ce pour autant suffisant pour doter l’Algérie d’un véritable Etat de Droit ? Pas si sûr.