Répression policière des manifestants de Tizi-Ouzou et attentat terroriste contre un convoi de l’armée : le politologue et ancien officier du DRS, Chafik Mesbah y va de son analyse.

Le politologue, invité de la radio Maghreb web du site Maghreb émergent, estime que le général Abdelghani Hamel a été obligé de recourir à la répression en Kabylie. Le directeur général de la police nationale « a subi des pressions de la part de sa hiérarchie pour aller plus loin dans l’utilisation de la violence contre les manifestants qui ont marché dans le cadre des festivités commémoratives du 34e anniversaire du Printemps berbère d’Avril 1980 », estime Mesbah. Pour ce dernier, les policiers qui ont fait preuve de brutalités à l’encontre des manifestants ont « agi suivant des ordres venus de leur hiérarchie ». Une vidéo sur youtube a d’ailleurs prouvé la violence qui avait été utilisée par les policiers lors de la manifestation. La DGSN s’est sentie forcée d’ouvrir une enquête pour mettre au clair cette scène d’une brutalité étonnante. Pour l’heure l’enquête est toujours en cours précise-t-on à la DGSN, et a indiqué qu’elle publiera tous les résultats une fois l’enquête achevée.

Au sujet de l’attentat de Iboudrarène, Chafik Mesbah estime que « il y a eu défaillance » de l’appareil sécuritaire. « Il est impossible qu’un groupe terroriste agisse en toute aisance sans la connaissance de la population. Le problème réside dans le fait que dans une région comme la Kabylie dont la population n’a rien à voir avec le terrorisme, la population ne se sent pas directement concernée par ce
qui se passe, en considérant que c’est un problème entre les pouvoirs centraux et les terroristes », estime l’ancien officier selon toujours la même source. Mesbah fait le lien entre cet attentat et l’élection présidentielle. « Les groupes terroristes ont de tout temps essayé d’exploiter les événements où l’impact de leur action est plus important », résume le politologue.

E. W.