Presque douze heures d’audience, ce mardi à Lyon, pour la première des deux journées du procès intenté par la Licra au dessinateur Siné pour « incitation à la haine raciale » en raison de deux chroniques publiées dans Charlie Hebdo.

Durant toute l’audience, le procès a mélangé l’histoire de l’antisémitisme en France, la situation au Proche-Orient, l’extrême droite, Charlie Hebdo et Siné et ses chroniques.

Philippe Val et Bernard-Henri Lévy ont chargé Siné, BHL déclarant qu’une relaxe serait « un signal épouvantable [envoyé] à notre pays« . Un Guy Bedos au verbe haut, ou l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali ont soutenu le dessinateur.

Me Jakubowicz, avocat de la Licra, a tenté durant la journée de dresser le portrait d’un Siné d’extrême droite. « C’est le fantasme de Me Jakubowicz« , a commenté Me Lévy, l’un des avocats de Siné. Le conseil de la Licra a souvent interrogé les témoins cités par la défense en leur demandant de donner leur réaction si les propos de Siné avait été tenu par Jean-Marie Le Pen. Alain Jakubowicz:

« Le masque de Monsieur Sinet est tombé, c’est un bon gros raciste et antisémite. Il ne supporte pas de voir des femmes voilées. Nous sommes dans le premier degré digne du FN de la grande époque. Ses témoins, des amis de 50 ans, ont été touchants mais il n’y a pas d’immunité car il est de gauche. »

De son côté, les avocats et témoins de la défense ont tenté de décrire un dessinateur engagé contre le racisme. « La partie civile n’a rien à tirer des propos de Siné et ressasse des vieilles merdes de 1982« , a insisté Me Tricaud, l’un des avocats du fondateur de Siné Hebdo. Bref, le débat n’a guère avancé. Le procès reprendra mercredi matin à 9 heures 30 avec les plaidoiries des avocats et le réquisitoire du procureur.

Source : Rue89

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