Le marché algérien des médicaments génériques connaît un essor important même s’il ne représente encore que 38% en valeur du marché global des produits pharmaceutiques dont il représente néanmoins les deux tiers en volume. C’est du moins ce qui ressort d’une étude publiée par le bureau d’études Companies and Markets. La valeur de ce marché atteint les 890 millions de dollars. L’Algérie reste cependant classée seulement à la 14ème position sur 17 pays considérés comme les plus importants dans la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Companies and Markets impute ce mauvais classement au bas niveau des dépenses par habitant et aux dysfonctionnements qui existent en matière de réglementation, de prix et de remboursement. Il est cependant rappelé que l’Algérie a consenti des investissements importants dans le secteur de la santé. Le marché des médicaments, évalué à près de 159 milliards de dinars (2,35 milliards de dollars) en 2008, devrait atteindre les 209 milliards de dinars (2,94 milliards de dollars) en 2013 soit un taux de croissance annuel de 5,62%, note l’étude.

Il est toutefois souligné que les mesures allant dans le sens de l’interdiction des importations de médicaments déjà produits localement risque de freiner cette croissance et être un obstacle de taille dans le processus de négociations pour l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation Mondiale du Commerce où le dossier des produits pharmaceutiques notamment les génériques a une place prépondérantes. L’étude relève par ailleurs que l’objectif établi par le gouvernement pour faire en sorte à ce que aura un impact positif sur ce secteur à moyen terme. Les pouvoirs publics algériens espèrent ramener ce taux à 70% à plus long terme. Les professionnels et les industriels du médicament proposent une réduction des prix pour les consommateurs qui choisissent de se soigner avec des génériques au lieu des princeps. Ceci devrait augmenter le taux de pénétration de ces médicaments. Pour rappel, l’Etat a décidé de consacrer au secteur de la santé pas moins de 20 milliards d’euros d’investissements entre 2009 et 2025. Ce programme s’apparente à un véritable plan Marshall qui vise à redorer le blason d’un secteur sans cesse entaché par des scandales et dont le personnel monte souvent au créneau pour revendiquer de meilleures conditions socioprofessionnelles. Ce montant important sera consacré, entre autres, à moderniser des hôpitaux saturés et dont le moins que l’on puisse dire sont vétustes mais aussi à accroître les infrastructures sanitaires et moderniser le système de santé de l’Algérie. Il prévoit la construction de nouvelles infrastructures sanitaires et la modernisation des hôpitaux existants. Ce programme ambitionne, également, d’augmenter les capacités d’accueil des structures sanitaires en les doublant d’ici à 2025. Le taux de lits par habitants est actuellement de 1,7 pour 1.000. Il faut dire que certaines infrastructures, à l’image du Centre Marie Curie de l’hôpital Mustapha Bacha, à Alger, spécialisé dans les traitements du cancer, sont arrivées à un degré de saturation qui se fait sentir au niveau de la qualité des soins. Il en est de même pour les maternités où les parturientes sont entassées à plusieurs sur un seul lit. L’Algérie veut, ainsi, se préparer à faire face à l’augmentation sensible de maladies non transmissibles comme le cancer (30.000 nouveaux cas par an), l’hypertension ou encore les pathologies cardiaques qui prédominent aujourd’hui. Les maladies non transmissibles représentent, aujourd’hui, 70% des causes de mortalité contre 20% il y a vingt ans.

Y.I.
Avec Le Financier

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