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Des témoignages accablants ont été entendus ce mardi à la Cour d’Alger où se déroule le procès de l’affaire de l’autoroute est-ouest.  Le principal accusé dans cette affaire a révélé qu’il avait été victime de torture. En effet, Medjdoub Chani, homme d’affaires et banquier, au cours de son audition, a raconté qu’il avait été kidnappé par des agents du DRS. Ces derniers l’auraient torturé pour lui arracher des aveux. Des graves accusations qui n’ont suscité, pour le moment, aucune réaction de la part du gouvernement algérien ou du ministère de la Défense.  

Selon Medjdoub Chani, il aurait été détenu clandestinement par des agents du DRS. Et au cours de cette détention, il aurait subi, toujours d’après son récit, les pires sévices notamment lors de ses interrogatoires par les officiers de la police judiciaire du DRS. « J’ai dit ce que j’avais dit sous la torture ! J’étais sale ! Quand j’ai été présenté au juge d’instruction, il a ouvert la fenêtre parce que je puais », confie-t-il au juge et au Procureur qui lui posait des questions concernant ses graves révélations à propos des conditions de sa détention.  « J’avais demandé à me rincer. J’étais sale. Dans la nuit, lors de l’interrogatoire, j’étais nu, ils sont venu me dire :   on a entendu dire que tu voulais prendre une douche ? Avant de commencer à me pisser dessus », accuse encore Chani Medjdoub qui menace de partir aux Nations Unies pour se plaindre contre la torture subie pendant sa garde à vue.   « J’ai demandé à mes avocats de ne pas cautionner un procès où mes droits ne seront pas garantis ! A la fin de ce procès, je me mettrai en grève de la faim ! », menace encore Medjdoub Chani.

Face à ces accusations, la justice algérienne osera-t-elle enclencher une enquête pour déterminer les responsabilités du DRS dans les tortures subies par Medjoub Chani ? Les juges vont-ils convoquer les responsables du DRS pour les entendre et vérifier l’authenticité du témoignage de Medjdoub ? Ces questions reviennent sur les toutes lèvres depuis le début de ce procès haletant.

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