Appels à démission, souhaits d’une élection présidentielle anticipée ou des sollicitations pour une intervention de l’armée. Depuis plusieurs mois, la classe politique, partis d’opposition ou personnalités nationales multiplient les initiatives pour dépasser l’ère Bouteflika. En face, ce sont souvent les chefs des partis au pouvoir ou quelques ministres qui répondaient. Le concerné, lui, s’est toujours confiné dans un silence qui dure depuis des années. Mais à l’occasion de la célébration du 63ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, Abdelaziz Bouteflika a, dans un message à la Nation qui lui est imputé, donné sa réponse.

Le chef de l’Etat, qui continue à s’adresser officiellement aux Algériens par des messages lus à la télévision publique, a donc opposé un niet catégorique aux trois solutions que lui préconise l’opposition. Il indique, clairement, que «l’ère des transitions est révolue». «L’ère des périodes de transitions est révolue en Algérie dont les  institutions politiques ont été sauvegardées aux prix de dizaines de milliers de martyrs du devoir national», écrit en effet le chef de l’Etat qui ajoute que «le pouvoir se conquiert désormais, aux échéances prévues par la Constitution, auprès du peuple souverain qui l’attribue par la voie des urnes(…)».

Concernant l’armée, Abdelaziz Bouteflika demande à ce qu’elle soit «tenue à l’abri des surenchères et des ambitions  politiciennes». Pour lui, l’ANP s’acquitte bien de ses missions «constitutionnelles».

Le chef de l’Etat semble d’ailleurs affecté par ces attaques. Même s’il rappelle que la liberté d’expression est irréversible, il reproche à la presse des «outrances». «La démocratie pluraliste et la liberté d’expression sont incontestablement des réalités bien établies, et nous en acceptons même sereinement, quelques  excès et quelques outrances, convaincus que le peuple observe et prononce chaque fois ses arbitrages souverains», lit-on dans le document. Exit donc les blogueurs mis en prison, ou les manifestations interdites à tout bout de champs.

Abdelaziz Bouteflika vient donc de rejeter fermement toute solution qui ne passe pas par lui ! Pis, il continue à accorder sa «confiance» au gouvernement qui exécute ses «directives» et «instructions». En outre, il loue le rôle des «hommes d’affaires» et, bien sûr, de l’UGTA. Le changement doit donc attendre !

Rania Aghiles

Article précédentGrande mosquée d’Alger/ Une rallonge budgétaire de 3054 milliards de centimes
Article suivantIAC/ Un satellite allemand de 550 kg pourrait s’écraser sur le territoire algérien