Papa, oui Papa, je vais vous appeler Papa car ma mère qui vous aime tant m’a toujours appris que vous étiez comme un père pour nous. Elle estime que c’est grâce à vous si notre pays ne vit plus en guerre. Elle pense sincèrement que c’est grâce à vous si nous pouvons toujours vivre à la campagne sans craindre pour notre vie.

ma photo chronique

Alors, oui, j’ai grandi en vous considérant comme un Papa. Je suis encore petit, j’ai à peine 11 ans. Mais je vous connais à travers les histoires de ma mère qui se rappelle très bien de vos discours, votre verbe et vos promesses. Moi, je ne vous ai jamais vu parler comme ma mère me le décrit. Mais, ma mère m’a toujours dit la vérité. Elle n’a jamais menti. Chaque jour, je l’entends se disputer avec mon père à cause de vous. Lui, il ne vous aime pas beaucoup. Il n’est pas très content de votre bilan. Mais bon, ma mère, elle ne supporte pas quand il vous critique.

Ne vous inquiétez pas, aujourd’hui, le petit garçon que je suis ne vous pas écrit pour vous parler de ces parents. Non, j’ai juste envie de vous raconter mon quotidien. Papa Bouteflika, Je fais un rêve … un rêve où mon vous, mon deuxième Papa, vous allez venir jusqu’à chez nous à Bir el-Ater, une petite commune située à 87 km au sud de Tébessa. Je rêve de vous voir dans la cour de notre école pour observer comment on se rend chaque hiver à nos classes en affrontant la boue, les flaques d’eau et les nids-de-poule. Je rêve de vous voir devant nous pour nous annoncer que vous allez réparer les routes de notre commune. Je rêve de vous entendre prononcer cette annonce qui nous permettra de venir chaque jour dans notre école, sans se salir, sans craindre pour notre vie lorsqu’il pleut des cordes sur notre région. Oui, Papa Bouteflika, nous souffrons beaucoup dans notre école à cause des routes infréquentables et tout le temps inondées. Nous souffrons aussi à cause de l’absence du chauffage, les vitres cassées de notre classe. Nous grelotons de froid. Et quand il pleut comme si c’était le déluge, nous n’allons plus à l’école. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus de routes. On ne peut plus marcher ni sortir de notre maison.

Bir al atter 2

Papa Bouteflika, je sais vous êtes très fatigué, d’après ce que raconte mon père à la maison. Mais, ici à Bir el-Ater, nous avons besoin de vous. Ni notre maire ni un grand homme qu’on appelle ici le Wali ne veut nous aider. Je vous promets que si vous nous réparez nos routes, j’étudierai encore avec plus de sérieux. Je réussiraisma scolarité et je deviendrai ce médecin qui pourra vous soigner pour que vous n’ayez plus à vous déplacer à l’étranger et subir un traitement dans un hôpital français. Oui, Papa Bouteflika, je vous le jure sur la tête de ma mère. Selon elle, si nos routes sont si catastrophiques et notre commune si pauvre, ce n’est pas à cause de vous. Je lui ai dit que je vais alors lui envoyer une lettre pour lui raconter toute la vérité sur ce que nous subissons ici. Elle ne m’a pas cru. Demain, quand vous allez venir nous voir à Bir el-Ater, elle va me croire. En attendant, Papa Bouteflika, je vous souhaite un rapide rétablissement.

Bir Al atter

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