Selon un leader islamiste, »l’Algérie est dirigée par une mafia organisée »

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Abderrezak Makri, le nouveau premier responsable du MSP, est de plus en plus critique à l’égard du pouvoir. Héritant d’un parti, qui faisait partie de la coalition gouvernementale, en compagnie du FLN et du RND, pendant plusieurs années – le rendant ainsi complice de tout ce qui a été fait et pris comme décision – celui-ci tente de redonner, tant soit peu, de la crédibilité au discours du parti. A cet effet, Makri ne cesse, depuis son élection, de multiplier les sorties sur le terrain.

Jeudi dernier, il était à Tizi Ouzou. Le successeur d’Aboudjerra Soltani, profitant d’un climat favorable, s’en est violemment pris aux dirigeants en place. «Lorsqu’on sait toute la facilité avec laquelle un ministre qui a dilapidé l’argent du gaz et du pétrole a quitté le territoire national, on comprendrait aisément qu’il y ait eu des complicités et que l’Algérie est dirigée par une mafia organisée», a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par le quotidien «Liberté».

«Aujourd’hui, la contestation a atteint une zone très sensible, à savoir le Sud algérien, et ceux qui menacent la stabilité du Sud sont ceux qui ont prouvé leur échec de développer le pays, ce sont les incompétents qui nous gouvernent, ceux-là mêmes qui profitent des richesses du pays et refusent de quitter le pouvoir par la démocratie des urnes», a-t-il encore ajouté. Bien évidemment, conscients que son auditoire n’a pas oublié que son parti a «co-géré» les affaires du pays depuis l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika au pouvoir, en 1999, celui-ci insiste sur le fait que le MSP «ne reviendra plus sur sa nouvelle ligne». C’est un parti de l’opposition désormais, semble-t-il dire. «Au MSP, le temps des privilèges personnels est révolu», a-t-il lancé. Son message sera-t-il entendu ? Difficile de le dire. Ce qui est sur c’est que le «nouveau» discours de cette formation, habitué à graviter autour du pouvoir, renseigne sur l’état des rapports de force au sein du régime. Il est clair que le MSP se projette dans l’après Bouteflika. Au fur et à mesure que la présidentielle 2014 approche, les choses deviendront graduellement plus claires.

Elyas Nour

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