Des policiers qui giflent, qui bousculent, qui matraquent. Des jeunes qui résistent, qui se défendent, qui se font malmener. La brutalité, les cris, les échauffourées, l’uniforme contre le civil, la matraque en guise de dialogue.

 

Qui aurait imaginé qu’un jour on en arriverait chez nous à ce spectacle lamentable où on répond aux revendications corporatistes de nos étudiants par des coups et des blessures avec une telle brutalité au grand jour. C’est le genre de traitement qu’on réserve habituellement aux casseurs, aux pillards et non pas aux étudiants à l’élite et à la relève. Cela ne veut pas dire que les étudiants sont au-dessus des lois ni qu’ils méritent un traitement particulier. Il faut leur appliquer la loi comme elle doit être appliquée pour tout le monde et non pas les laisser à la merci de cogneurs qui ne font ni dans la dentelle ni dans le détail.

 

Nos futurs pharmaciens essaient depuis des semaines d’avancer dans le dialogue avec leur hiérarchie, sur des questions déterminantes pour la profession et pour leur avenir. Il faut rendre hommage à leur maturité pour avoir maintenu le dialogue mais il faut aussi leur rendre justice de prendre en compte leur programme d’études pour sauver leur année universitaire. Cela se traduit inévitablement et on le comprend bien, par de l’impatience et de l’agacement de leur part car c’est leur avenir qui est en jeu. Et s’ils ont eu recours à une manifestation pacifique c’est parce qu’ils ont exercé un droit autorisé par la loi et prévu pour les cas où les discussions sont dans l’impasse.

 

On peut imaginer que le dialogue entre leur tutelle et les représentants des deux parties peut achopper sur des points difficiles, mais rien ne justifie la violence, ni d’un côté ni de l’autre. Et il nous paraît difficile d’imaginer que les futurs pharmaciens soient venus chercher l’affrontement comme de vulgaires casseurs, car dans ce cas, ils seraient venus équipés pour l’affrontement physique et non pas les mains vides.

 

Entendons-nous bien. Ils n’ont pas plus de droits que d’autres parce qu’ils sont de futurs pharmaciens. La liberté de manifester est la même pour tous. Ce qui est révoltant en revanche, c’est qu’on a l’impression qu’on ne mesure pas en haut lieu, le besoin vital pour notre développement et pour l’avenir de nos enfants, d’assurer à nos étudiants les meilleures conditions de formation tant sur le plan pédagogique que sur celui des moyens techniques et sur celui l’organisation et de la vie des campus.

 

Faut-il rappeler, que contrairement à nos voisins, nos étudiants sont condamnés à cause de multiples défaillances au niveau de la gouvernance, à préférer s’expatrier plutôt que de rester ou de revenir au pays. Les raisons sont multiples. Tout le monde les connaît. Et tant que nos responsables refusent de prendre ces questions à bras le corps, l’hémorragie continuera et on ne voit pas comment le pays pourrait survivre et se développer sans sa jeunesse et sans son élite.

 

L’étudiant que nous voyons sur la vidéo, recevoir des gifles tel un gamin pris en train de fumer en cachette, ou ses camarades se faisant rudoyer tels de mauvais resquilleurs qui veulent rentrer de force dans un stade ; tout cela fait partie d’un spectacle qui nous fait honte et que nous aimerions ne plus jamais revoir.

 

C’est donc un appel à la raison et à la sagesse que nous lançons à nos responsables; en mettant en garde l’ensemble des protagonistes devant l’effet désastreux donné à nos enfants par ce spectacle intolérable et indigne de notre pays.

 

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