Rien ne va plus dans le secteur des BTP en Algérie. Le programme de réalisation de nouveaux parcs industriels suscite une véritable polémique dans ces milieus où les affaires commencent sérieusement à se compliquer, en raison de la situation financière complexe de notre pays. 

Mais, pour autant, la commande publique n’a pas diminué drastiquement et continue d’alimenter ce secteur. Sauf que cette précieuse commande de l’Etat ne profite pas à tous les opérateurs algériens. Plusieurs d’entre-eux montent au créneau pour dénoncer un véritable favoritisme dans l’attribution des marchés prévus par l’ambitieux programme d’aménagement de 49 nouveaux parcs industriels, et pour lequel les autorités algériennes vont dépenser 288 milliards de DA, à savoir plus de 2,5 milliards de dollars.

L’Algérie, qui souffre cruellement d’un déficit de foncier industriel, a apparemment décidé de passer à la vitesse supérieure. Pour ce faire, de nouveaux parcs seront prochainement réalisés selon les standards internationaux. Ces parcs offriront aux investisseurs « les meilleurs conditions » de concrétisation de leurs projets, a promis en septembre 2014,  l’Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (ANIREF). C’est cet organisme qui a été chargé de sélectionner les entreprises « qualifiées pour la réalisation de travaux d’aménagement des parcs industriels ».  Un avis d’appel à présélection national et international restreint a été lancé à cette occasion.

Une première présélection des entreprises qui bénéficieront des marchés de réalisation et réaménagement a été réalisée. Seulement, celle charrie de nombreux soupçons de favoritisme, car on retrouve dans la liste des heureux élus -dont Algérie-Focus détient une copie-, des groupes privés algériens étrangement proches des décideurs, et dont le parcours dans le secteur de la construction et les travaux publics ne prédispose pas réellement à réaliser des ouvrages industriels de grande envergure. Certains de ces groupes privées telles L’ETRHB Haddad, la Sarl ETP Dennouni, basé à Tlemcen, la SPA BTPH HASNAOUI ou l’EGTPH Mouilah Youcef, originaire de Sidi Bel Abbès, sont gérés par des hommes d’affaires figurant parmi les plus importants bailleurs de fonds de la campagne du 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Abdessalem Bouchouareb, l’actuel Ministre de l’Industrie, également l’ex directeur de communication du staff de campagne du candidat Bouteflika lors de l’élection d’avril 2014, a-t-il renvoyé l’ascenseur à tous ces entrepreneurs ? Cette question s’impose lorsqu’on examine de près le cahier des charges établi pour sélectionner les entreprises qui réaliseront les futurs nouveaux parcs industriels.

Le cahier de charges en question qui exige, en effet, des entreprises candidates de prouver qu’elles ont réalisé auparavant « un parc industriel ou un espace urbain d’au moins 50 ha ». De plus, ces entreprises candidates doivent prouver également qu’elles comptent à leur actif « des projets de construction en travaux neufs, en lot unique, « d’un linéaire d’au moins 10 km de route (ou dédoublement d’une route nationale en travaux neufs), d’assainissement des eaux usées et de drainage des eaux pluviales ainsi que d’alimentation en eau potable ». Si  beaucoup d’entreprises algériennes peuvent satisfaire aux exigences de la deuxième condition, il demeure très difficile de prouver que les groupes privés présélectionnés correspondent réellement à la première condition.

Nous n’avons trouvé aucune donnée fiable prouvant que ces opérateurs privés cités ci-dessus ont déjà réalisé un parc industriel dont les travaux nécessitent un véritable savoir-faire industriel. La raison politique a-t-elle primé sur la logique économique ? C’est fort probable. En tout cas, de nombreux acteurs des BTP en Algérie subodorent du favoritisme et crient au scandale. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, devrait être prochainement interpellé au sujet des attributions de ces marchés très controversés.

Soulignons enfin que nous n’avons pas pu joindre les responsables de l‘Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (ANIREF) pour leur demander des explications. Aucune suite n’a été donnée à nos sollicitations.

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