Par Nassim Brahimi

L’ère Obama a commencé mardi avec une investiture digne de cette superpuissance planétaire. Il y a juste quelques mois, on n’osait même pas imaginer un noir à la Maison-Blanche, tellement ça paraissait plaisantin.

Seulement voilà, en Amérique tout est possible, du pire au meilleur. Barack Hussein Obama : un nom qui a inspiré, tout au long de son épopée vers le Bureau Ovale, des fleuves de textes et d’interminables débats.

Obama est, aussi, devenu la coqueluche des médias, l’idole des noirs et l’espoir des opprimés. Les Arabes ne sont pas en reste, tant leur problème central, la Palestine, repose sur l’attitude des Etats-Unis dans la région.

Obama y changera t-il quelques chose ? Est-il en mesure de le faire? Pas si sûr. Les plus naïfs d’entre-nous croient que, sous prétexte qu’il soit noir, au père africain et musulman, Obama se rangera, de facto, du côté de la cause palestinienne et n’hésitera pas à fâcher Israël et lui faire entendre raison.

Faux! Obama est, avant tout, Américain. Et en Amérique, la politique étrangère est presque dogmatique, avec une différence de ton entre Républicains et Démocrates. Elle repose sur l’indiscutable engagement de ne jamais laisser tomber Tel-Aviv.

Le pourquoi de ce soutien indéfectible est à discuter, n’empêche qu’il est bien là et pour longtemps. Par souci d’équilibre, les plus grandes «avancées» qui ont marqué les relations entre Arabes et Israéliens ont été réalisées durant les règnes des Démocrates.

Mais là aussi, ces «avancées» sont à discuter, car elles ressemblent plus à des concessions diplomatiques qu’à de véritables traitements de fond du conflit au Proche-Orient.

Lors de son investiture, Obama a proposé une «nouvelle approche» aux Musulmans. Ceci veut-il dire, forcément, qu’il sera plus compréhensif envers-eux? Pas évident!

Car même s’il y met toute sa bonne volonté, Obama reste l’otage de l’héritage Bush et du monde musulman lui-même, à repenser de fond-en-comble.

Comment imaginer qu’un seul homme pourra-t-il, à la fois, remettre Israël à sa place et mettre de l’ordre dans les anarchies du monde arabe, soutenues pendant des décennies par les Américains pour des raisons connues?

Comment imaginer qu’un seul homme pourra-t-il tenir tête au légendaire lobby sioniste qui piège les Etats-Unis et son image de nation modèle?

Obama est-il assez courageux pour parler tant à Israël qu’à l’Iran, tant à l’Egypte qu’au Hamas?

Cet «homme-providence» est-il capable de dire aux régimes arabes leurs quatre vérités en face, au risque de perturber l’ordre établi?

La tâche semble titanesque, bien plus que son incroyable ascension au sommet du monde. Mais qui sait, on garde espoir tout de même.
Peut-être qu’il «yes, he can».

Dites, ça se trouve où Gaza?

N.B.

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