usa-urssLe président américain Barack Obama se rend à Moscou dimanche pour tenter de « relancer » des relations américano-russes qui s’étaient sérieusement détériorées sous l’administration Bush, au point de rappeler certaines heures de la Guerre froide.

Obama attend de ce sommet avec son homologue Dmitri Medvedev la conclusion d’un nouvel accord sur la réduction des arsenaux stratégiques ainsi que la mise en place d’une meilleure coopération alors que les États-Unis intensifient leurs actions en Afghanistan.

Si le dialogue entre Moscou et Washington connaît une récente embellie, des sujets restent épineux, comme celui du bouclier antimissiles en Europe ou encore la question de l’élargissement de l’Otan et les suites de la guerre en Géorgie.

Pour sa première visite en Russie depuis sa prestation de serment en janvier, Obama devrait tenter de continuer à bâtir une relation pragmatique avec Medvedev, rencontré lors du G20 à Londres.

En revanche, les liens avec le Premier ministre Vladimir Poutine, qui selon les analystes continue de jouer un rôle central et déterminant dans la politique russe s’annoncent moins faciles à dénouer.

Pour l’administration américaine, Poutine, qui a fait de Medvedev son successeur à la tête de l’Etat russe, garde « un pied » dans la Guerre froide. Pour Poutine, c’est aux Américains de faire évoluer leur politique internationale.

Malgré des divergences de vue, les deux camps s’accordent sur un point: la vieille question des arsenaux nucléaires peut servir de base à l’instauration de relations moins chaotiques entre Washington et Moscou.

« Je vais tenter de ranimer les relations avec la Russie parce que je crois qu’Américains et Russes ont beaucoup d’intérêts en commun, des intérêts que nos gouvernements récents n’ont pas poursuivis aussi activement qu’ils l’auraient dû
« , déclare Obama dans le journal d’opposition Novaya Gazeta.

Le président américain doit quitter Washington dimanche soir et avoir des entretiens avec Medvedev au Kremlin, lundi.

Bien que les détails de ces discussions restent soigneusement entourés de mystère, les deux présidents devraient aborder la question d’une nouvelle réduction des arsenaux stratégiques.

L’objectif est de jeter les bases pour la signature d’un nouveau traité avant décembre, date à laquelle l’accord START-1 arrivera à expiration. L’ambition est de réduire le nombre de têtes nucléaires en-dessous de la fourchette actuelle comprise entre 1.700 et 2.200.

CORRIDOR VERS L’AFGHANISTAN

Obama tentera également d’obtenir du Kremlin l’autorisation de faire transiter par le territoire russe ses convois d’armes à destination des soldats de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Fias) en Afghanistan.

L’ouverture d’un corridor est une mesure vivement souhaitée par les États-Unis qui ont intensifié leur lutte contre les taliban, suivant la nouvelle stratégie de la Maison blanche en Afghanistan.

Si Russes et Américains parviennent à s’entendre sur ces deux questions, cela confirmera leur volonté commune de « réinitialiser » – pour employer l’expression de Washington – leurs relations chaotiques ces dernières années.

En revanche, peu de progrès sont à attendre sur les autres fronts.

Dans son entretien à Novaya Gazeta, Obama reconnaît qu’il existe « des susceptibilités russes » concernant le bouclier antimissiles que les Américains veulent déployer en Pologne et en République tchèque.

Le président précise clairement qu’il n’acceptera pas la tentative de Moscou de lier la question de la réduction des arsenaux avec celle du bouclier.

Moscou répète depuis plusieurs semaines que cette initiative constitue une menace pour sa sécurité nationale et qu’il tient à ce que les deux questions soient abordées simultanément.

Obama a, lui, réaffirmé que ce système de protection vise à prévenir d’éventuelles agressions en provenance de l’Iran et non de la Russie et il a émis le souhait que Moscou soit associé au projet.

Obama apparaît moins attaché que son prédécesseur à la question du bouclier, mais il ne semble pas pour autant prêt à l’abandonner sans obtenir quelque chose en échange.

Le chef de l’État américain estime que si l’Iran se voit empêcher de développer un programme nucléaire militaire, la raison d’être du bouclier disparaîtra d’elle-même. Le message revient à demander à Moscou d’user de son influence auprès de Téhéran.

Des conseillers américains ont indiqué qu’Obama n’avait aucune intention de faire des concessions sur une limite à l’élargissement de l’Otan. Sa position, concernant les éventuelles entrées de l’Ukraine et de la Géorgie, apparaît toutefois plus mesurée que celle de George Bush.

Obama doit rencontrer Poutine mardi et l’ancien président russe a peu apprécié que le nouvel hôte de la Maison blanche déclare qu’il continuait à poursuivre une logique datant de la Guerre froide.

Un autre point de friction avec l’ancien maître du Kremlin est qu’Obama a l’intention de rencontrer les dirigeants de l’opposition, des militants pour la démocratie, ainsi que l’ancien président Mikhaïl Gorbatchev.

Reuters

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