Par Rachid Mahi

Israël a mis le temps pour comprendre que le succès de sa politique passe aussi par l’image qui en est perçue à l’étranger…Israël diffuse en continu sur YouTube des vidéos de ses frappes sur Gaza.
Objectif : contrôler son image et gagner la guerre de la propagande sur le net.
David Saranga, 43 ans, est désormais le spécialiste en nouveaux médias du consulat israélien de New York. Il a été formé à l’école du marketing .
Sa méthode : Ne pas cibler seulement les canaux d’informations majeurs, mais aussi les nombreux canaux des nouveaux médias, qui prennent de plus en plus d’importance. Sa stratégie consiste à développer la marque d’Israël en ligne.

Apparemment, l’obscénité n’a pas de limite. C’est qu’en matière militaire, l’Etat hébreu est en pointe dans l’utilisation des nouvelles technologies. L’armée israélienne a ouvert un compte sur YouTube, où images chocs de frappes contre des cibles du Hamas succèdent aux blogs et autres commentaires.

Cette incursion israélienne sur une nouvelle plateforme, répond au souci de faire triompher son point de vue sur le web surtout après la dernière débâcle militaire à Beyrouth et le coup de maître du Hamas en matière de maîtrise de la communication.
Une leçon de stratégie de guerre, que l’Etat hébreux n’était pas prêt d’oublier.

Aussi, l’expression « guerre médiatique » prend ici tout son sens puisque qu’on a affaire non pas à une situation de guerre classique où il existe deux armées, mais plutôt à une situation de conquêtes territoriales, de prises et destructions de cibles privilégiées, et de nettoyage ethnique.

La dimension temporelle de cette guerre médiatique conduit à distinguer trois types d’actions à l’œuvre.

Tout d’abord, les actions à long terme de conditionnement des esprits et de modelage des mentalités.

Ensuite, les actions à moyen terme qui ont pris la forme de campagnes d’opinions destinées à propager certains thèmes ou certaines idées allant dans le sens d’objectifs bien définis.

Enfin, des actions tactiques conjoncturelles, indissociables des précédentes, telles que les rumeurs et les mensonges…

Si la perméabilité des opinions publiques aux messages simplistes et xénophobes véhiculés par les médias est un fait, celle-ci s’explique en fait par l’existence d’un terreau exceptionnellement propice.

En effet, l’impact des messages médiatiques pourrait être comparés aux effets d’une drogue hallucinogène sur des opinions restées marquées par les déchirements des grandes guerres et autres évènements dramatiques.

Il y a une absence de fermeté et de réaction de la communauté internationale face à ce déchaînement médiatique, qui porte atteinte à « la paix et à la sécurité internationales ».

L’idéal serait la mise en place d’une réponse qui pourrait prendre la forme d’une « Voix de la communauté internationale » à même de soustraire les populations à la propagande nationaliste en opposant l’information à la désinformation.

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