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Quatre États riverains du Sahara s’apprêteraient à lancer une opération militaire concertée contre les combattants islamistes de la branche maghrébine d’Al Qaïda qui écument cette vaste zone désertique difficile à contrôler.

Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est issu de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, dernier groupe actif issu de l’insurrection islamiste de 1992, qui a fait allégeance en 2007 à l’organisation d’Oussama Ben Laden et d’Aymane al Zaouahri. AQMI s’est fait une spécialité de l’enlèvement de touristes occidentaux au Sahara et les coquettes rançons qu’il soutire aux Etats concernés en échange de leur libération lui permettent de prospérer, ce qui inquiète les pays riverains.

L’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger vont lancer d’ici un mois ou deux une traque des combattants d’AQMI, la première du genre entre quatre pays riverains du Sahara, rapportent mardi les quotidiens algériens El Watan et El Khabar, citant des sources proches des services de sécurité.

L’Algérie, le pays militairement le plus puissant des quatre, va fournir à ses trois partenaires armes, munitions, matériel de communication et carburant indispensables pour leur opération commune, précisent les journaux, qui croient savoir que le Mali a reçu une première cargaison lundi. De source autorisée, on ne disposait mardi d’aucune confirmation des préparatifs d’une telle opération, qui serait la première réponse commune des quatre pays partageant une même inquiétude devant l’implantation de l’islamisme armé au cœur du Sahara.

Eviter une implication étrangère

« La coopération antiterroriste entre les quatre pays est une nécessité s’il veulent vraiment combattre Al Qaïda dans la région avec un maximum d’efficacité« , explique à Reuters Boualem Ghomrassa, journaliste spécialisé dans les problèmes de sécurité.

Les pays de la région veulent agir avant que les revenus des enlèvements ne permettent à AQMI de poser une menace plus grande encore et que les Etats-Unis et l’Europe se mêlent du problème eux-mêmes. « Les quatre pays sont contre toute implication étrangère », souligne Ghomrassa. AQMI a aussi été longtemps actif en Kabylie, mais les succès des forces de sécurité algériennes dans cette région à l’Est d’Alger ont déplacé son champ d’action vers le Sahara, dont les vastes étendues et les frontières mal contrôlées lui donnent les coudées franches. AQMI a menacé de tuer dans dix jours un otage britannique qu’il détient dans cette région si la Grande-Bretagne ne libère pas un islamiste jordanien incarcéré sur son territoire.

AQMI détient aussi un otage suisse. Dès 2003, AQMI a revendiqué l’enlèvement de 32 touristes. En 2008, ses activistes ont enlevé deux touristes autrichiens aussi au nord qu’en Tunisie. En décembre et janvier, ils ont pris en otages deux diplomates canadiens et quatre touristes européens. Les deux Canadiens et deux des touristes ont été libérés le mois dernier. Restent le Britannique et le Suisse. La semaine dernière, quatre combattants d’AQMI ont été capturés par des militaires maliens lors d’un affrontement à la frontière avec l’Algérie.

Reuters