Les consulats algériens en France tentent de renouer avec leurs ressortissants en privilégiant le dialogue direct. Objectif : redorer l’image d’une institution souvent sévèrement critiquée par les Algériens de France.

C’est ce qu’on peut appeler une opération de « com ». Les consulats algériens en France s’emploient à faciliter la transition vers l’usage du passeport biométrique, imposé par la réglementation internationale et délivré depuis janvier 2013. Ainsi, le consulat d’Algérie à Bordeaux, dans le sud de la France, a convié le 16 mars une partie de la communauté algérienne pour une « action de sensibilisation ». Mais le message semble passer difficilement. La faute à une culture orale bien ancrée, estime Mohamed Ouhab, président de l’association Maison de l’Algérie en Aquitaine. « On a l’habitude de fonctionner avec le bouche-à-oreille », raconte-t-il. Si le président de la Maison de l’Algérie d’Aquitaine est ressorti de cette réunion plutôt « enthousiaste », la démarche du consul algérien de Bordeaux a « surpris » Said Hammad », un résident algérien de la région aquitaine.

Après la réunion dans les bureaux consulaires, deux vice consuls ont rendu visite à la communauté algérienne du bassin aquitain. « Du jamais vu » pour Said Hammad. « Le consulat s’est-il enfin décidé d’aller à la rencontre de ses ressortissants ? », s’interroge-t-il. Mais, du côté de la Maison de l’Algérie, on considère ce déplacement comme une « simple tournée annuelle dans les villes autour de Bordeaux ».

Outre les modalités d’obtention du passeport, la centaine de personnes présentes à la réunion du 16 mars a aussi échangé sur le « problème de l’exiguïté des locaux du consulat, de l’accueil, pas toujours des plus cordiaux » et des files d’attente interminables, rapporte  Said Hammad. Un problème qui se pose à l’ensemble des sites consulaires algériens en France. Pour Said Hammad, l’augmentation de la population algérienne en Aquitaine explique en partie les délais parfois importants. « Il faut savoir que le consulat a compétence sur dix départements de la région d’aquitaine. Si dans le passé, la structure pouvait largement accueillir les compatriotes installés dans la région, ce n’est plus le cas de nos jours. Son nombre a largement triplé et ce n’est pas sans créer de problèmes aux familles et divers visiteurs qui s’y rendent », avance-t-il.

Mais le sujet le plus sensible reste sans conteste le rapatriement des dépouilles mortuaires. Suite à la rencontre organisée au consulat de Bobigny en région parisienne le 10 mars, le coordinateur du Mouvement Citoyen Algérien en France (MCAF), Omar Aït Mokhtar, interpelle le secrétaire d’Etat chargé de la communauté algérienne à l’étranger, Belkacem Sahli, dans un courrier bien senti posté sur son blog le 13 mars. « Le but est de ne plus voir d’Algériens s’enterrer dans des fosses communes. En possession d’un passeport algérien à l’étranger on doit se sentir protégé en cas de catastrophe. Un Algérien qui décède à l’étranger, l’Etat le rapatrie chez lui, c’est une question de dignité », écrit Omar Aït Mokhtar à l’attention du secrétaire d’Etat.