Quatre otages algériens, dont le consul Boualem Sias, ont bouclé, hier, leur 405e jour de détention par le groupe terroriste Mujao (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest). Enlevés le 5 avril 2012 à Gao, deuxième ville malienne, par les fous de Dieu du Mujao, quatre sur les sept otages algériens sont toujours retenus quelque part au Sahel. Que deviennent-ils ? Comment l’Etat algérien traite-t-il la situation ? Faut-il engager une opération militaire pour les libérer ou doit-on suivre la voie des négociations ?

Leur rapt remonte à 405 jours. Durant toute cette période, le sort des quatre diplomates algériens, dont le consul de Gao, reste toujours inconnu. Dans les trois premiers mois qui ont suivi leur enlèvement, ils étaient sept otages l’un d’eux a été décapité par les hordes d’Abou Gaâgaâ, alors chef du Mujao, et deux autres ont été relâchés par le même émir.

Le reste, soit aujourd’hui quatre, demeure en captivité. Où sont-ils ? La question est pertinente dans la mesure où les djihadistes du Mujao ont quitté, presque tous, le nord du Mali pour d’autres horizons, fuyant les frappes aériennes et les combats sur le terrain de l’armée française et de la force africaine.

C’est en échappant à l’opération Serval que les terroristes du Mujao avaient emporté avec eux les quatre Algériens. Mais où ? Certains disent qu’ils sont vivants et détenus au Niger, alors que d’autres sources expliquent que les otages ont été emmenés vers l’Algérie.

Entre les deux versions avancées, seule la première paraît logique dans la mesure où les terroristes du Mujao ont déjà revendiqué le double attentat suicide ayant ciblé le Niger le mois passé.

Ce qui signifie que les islamistes armés du Mujao se sont retranchés dans les monts du Niger. Cependant, il est fort probable que les quatre otages algériens soient emmenés au Burkina Faso, là où le président burkinabé, Blaise Compaoré, est en train de négocier avec Abou Gaâgaâ pour un éventuel cessez- le-feu.

Alors que devient la piste malienne ? Certainement pas, il est inimaginable que les otages algériens soient toujours détenus au nord du Mali vu la présence massive des troupes africaines, maliennes et françaises et beaucoup plus importantes, encore, américaines et anglaises là-bas.

Donc, où sont-ils au juste ? Ce qu’il faut retenir, c’est que les abris dans lesquels les terroristes prennent refuge souvent se trouvent dans les monts, comme c’est le cas en Afghanistan. C’est ici que ces derniers arrivent à se réfugier pour fuir les forces multinationales.

Des drones français pour localiser les otages algériens Malgré l’utilisation des drones par l’armée française dans le massif désertique du Mali, voire du Niger, il est presque impossible de localiser les otages algériens tout comme les quatre otages français, détenus, eux aussi, par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et que la France tente toujours de libérer.

Du coup, la vie des otages algériens est sérieusement en danger, d’autant que tout le monde se rappelle la mort des deux otages français, tués par une frappe aérienne «accidentelle» de l’armée française au mois de mars dernier.

Au moment où les quatre diplomates algériens sont détenus dans un lieu secret, quelque part au Sahel, des drones appartenant à l’armée française ont déjà lancé des frappes chirurgicales visant des véhicules conduits par des terroristes. Une situation qui pourrait mettre en danger la vie des quatre otages algériens.

Selon des informations confirmées, un convoi de quatre véhicules tout-terrain appartenant à des terroristes d’AQMI a été visé il y a quelques mois par une frappe aérienne non identifiée à Aricha, au nord de la localité de Taoudenni, dans une région très désertique, non loin des frontières algérienne et mauritanienne.

Selon des témoignages de touaregs Ifoghas, au moins sept terroristes auraient péri dans ce raid tandis que dix autres auraient été blessés. Les terroristes auraient aperçu des avions volant à très haute altitude peu de temps avant qu’un ou plusieurs missiles ne s’abattent sur les véhicules. Depuis quelques mois, la région du nord du Mali est fréquemment survolée par des drones et des avions de reconnaissance de tous types.

Des drones auraient été aperçus au-dessus du fleuve Niger et aux confins du Mali et du Niger. Ce genre de raids et le mode opératoire ressemblent à ceux effectués par les drones américains au-dessus de l’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen et de la Somalie.

Lu sur Le Jeune Indépendant