Le régime algérien algérien, contesté, ne fait pas que réprimer. Il trouve des solutions et élabore des plans pour garantir sa survie. Et aujourd’hui, il s’est offert un joker de luxe pour protéger sa pérennité. Ce joker s’appelle  Ahmed Ouyahia. 

L’ancien Premier ministre a fait calmer la terrible guerre de clans qui déchiraient les divers cercles décisionnels du régime algérien. Après des moins de négociations et de discussions intenses, les décideurs de l’ombre ont tranché : « Ahmed Ouyahia sera le successeur naturel de Bouteflika lorsque ce dernier décède. Si par hasard, Bouteflika lui arrive un malheur. Ahmed Ouyahia sera prêt à reprendre le flambeau pour diriger le pays », assure une source proche du Département de Renseignement et de Sécurité (DRS). Cette source nous a confirmé qu’Ahmed Ouyahia a été bel et bien nommé directeur de Cabinet à la Présidence de la République comme il a été rapporté par plusieurs sources médiatiques concordantes.

« Ouyahia a mis un pied à la Présidence en attendant le 2e », souligne notre source qui confirme nos informations rapportées il y a de cela quelques semaines. Des informations qui faisaient de Ouyahia « la solution de rechange » du régime algérien au sujet de la succession d’Abdelaziz Bouteflika qui a causé un énorme différend entre le DRS, le Chef d’Etat-Major de l’armée algérienne et le clan Présidentiel. Cette première nomination permet donc à Ouyahia de revenir en force sur la scène politique. Il trouve même une première place au Palais d’El Mouradia pour apprendre les rouages de la Présidence et se rôder aux « au métier de Chef de l’Etat ». D’après notre source, cette désignation va laisser le temps nécessaire à Ouyahia de se préparer à jouer les premiers rôles lors de la succession de Bouteflika. Ahmed Ouyahia a déjà à son actif un parcours politique riche.

Premier ministre et Chef de gouvernement à maintes reprises et pendant plus de 4 ans, Ouyahia est un parfait connaisseur du système algérien et jouit d’une certaine aura auprès des décideurs militaires. Certains responsables du DRS se méfient encore de lui, mais face à la situation politique du pays et au vide provoqué par la démission de l’élite politique et sa destruction programmée durant les années Bouteflika, il s’est imposé comme étant le seul capable de faire le consensus autour de sa personne au sein du sérail contrairement à Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour ou Ali Benflis.

Le récent retour en force d’Ouyahia prouve enfin que le régime algérien ne veut pas de changement brusque qui va remettre en cause les rapports de force entre les uns et les autres. Ouyahia fournit l’assurance que le noyau du régime restera en place avec un lifting de surface. Ce n’est pas un Erdogan qui va se jouer des militaires en les poussant à la porte. Bien au contraire, il croit en son for intérieur que la colonne vertébrale du régime algérien ne doit pas se briser pour protéger l’Algérie. C’est pour toutes ces raisons qu’Ouyahia incarne la meilleure issue pour le régime algérien qui ne veut pas rester dans l’impasse actuelle. Un 4e mandat de Bouteflika sera donc le tremplin d’Ouyahia qui pourrait se retrouver Vice-Président si la Constitution est amendée comme le souhaite le clan présidentiel. Et même si cette option a été écartée, Ouyahia et les décideurs de l’ombre trouveront une autre parade pour occuper le « trône » d’El Mouradia.