L’ex-ambassadeur vénézuélien au Etats-Unis, Bernardo Álvarez Herrera,  a abordé, dans une contribution publiée par le site américain washdiplomat.com, les effets de la politique rentière qui a mené son pays à une situation d’instabilité explosive. Le diplomate a  fait le parallèle avec des pays qui ont adopté la même stratégie, à l’instar de l’Algérie.     

Fort d’une expérience incontestable, l’ex- ambassadeur du Venezuela aux États-Unis, entre 2003 et 2010, Bernardo Álvarez Herrera a brossé un tableau des plus sombres concernant l’avenir des pays rentiers lors d’une intervention publiée, le 1er juin, sur le site Internet washdiplomat.com.

Pour lui, la dépendance pathologique aux hydrocarbures est un phénomène qui a eu des effets néfastes sur des sociétés qui, à défaut de profiter de leurs rentes pour mettre en place des économies prospères, ont fini par devenir des sociétés ou la précarité s’est imposée comme règle. «En dépit de ses 300 milliards de barils de réserves qui auraient du faire du Venezuela la nation la plus prospère d’Amérique latine, la République bolivarienne est de loin la zone la plus précaire. Les produits de base sont impossibles à trouver, ce qui a conduit aux pillages de masse et aux émeutes de la faim », a-t-il expliqué, tout en mettant en relief la similitude des facteurs déclenchant avec ceux qui sont en train d’apparaître actuellement dans plusieurs autres pays rentiers à l’instar de l’Algérie, l’Irak, l’Iran, le Nigeria et la Russie.

L’ancien diplomate a tenu également à mettre en garde contre les répercussions désastreuses de la politique laxiste des régimes populistes. «Comme au Venezuela, la situation risque de dégénérer pour laisser place aux transgressions, l’impunité deviendra un terreau fertile pour la violence», a-t-il prévenu en prenant pour exemple la capitale de son pays qui est devenue la ville la plus dangereuse du monde. «Fin mai, une foule en colère s’est acharnée sur un ouvrier de 42 ans, avant de le brûler vif pour avoir volé 5 dollars», a-t-il poursuivi.

«Ça ne pouvait que finir comme ça», a-t-il dit, expliquant son propos par le fait que l’achat de la paix sociale n’avait qu’un effet inhibitif. «Les problèmes que vit actuellement le Venezuela sont la résultante d’une gestion catastrophique», a-t-il ajouté, soulignant qu’on ne peut bâtir un État fort en comptant seulement sur un marché pétrolier des plus instables.

Massi M.      

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