Des milliers de médecins vont être envoyés en région pour répondre à la pénurie de spécialistes dans le pays. De nombreuses wilayas souffrent d’un manquecruel de structures médicale et de médecins, forçant régulièrement les habitants à se déplacer vers les grandes villes. 

Au moins 2 200 médecins spécialistes seront affectés à compter du mois de février prochain dans des structures hospitalières des wilayas accusant un manque de spécialistes, a annoncé jeudi à Chlef le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf. L’affectation de spécialistes en région était une nécessité pour l’Algérie, où l’offre de soins est complètement inégale sur le territoire. Si les grandes villes disposent d’établissements et de spécialistes, les régions plus reculées souffrent de ce manque de médecins. Le ministre de la santé, a promis que ce problème « sera résolu progressivement ».

Cette réponse pourrait donc être efficace mais arrive tardivement, car l’urgence est là depuis des années. Le manque de spécialistes affecte les Algériens de l’intérieur du pays au quotidien. Par exemple dans certaines wilayas peu de femmes ont un suivi-prénatal lorsqu’elles sont enceintes, les derniers chiffres de l’’Institut national de santé publique (INSP) indiquaient que 78,36 % des femmes habitant dans des régions rurales ne subissent aucune forme de suivi pendant leur grossesse. Un défaut qui empêche de prévenir les complications que les femmes peuvent rencontrer. Pour les maladies difficiles comme les cancers, le suivi médical est également très difficile, les patients se font dépister très tardivement, empêchant ainsi une bonne prise en charge.

Pourtant chaque année ils sont nombreux à sortir de la faculté de médecine. Plus de 80.000 médecins, toutes spécialités confondues, ont été formés depuis l’Indépendance. Or ces médecins ont tendance à refuser de s’installer dans les régions éloignées, difficiles au quotidien pour des jeunes algériens. Par ailleurs ils sont de plus en plus nombreux à opter pour l’étranger, frustrés par les faibles salaires et des possibilités offerts par l’Algérie.

Fausse pénurie de médicaments

En outre Abdelmalek Boudiaf est revenu sur le manque de médicaments dans certaines structures de santé. « Aujourd’hui s’il y a défaillance ou rupture de stocks au niveau d’un hôpital donné, cela ne signifie aucunement que le médicament est indisponible ou inexistant sur le marché national », a-t-il estimé en imputant cela à « une défaillance en matière de gestion ». Il ne s’agit pas de pénurie nationale, selon le ministre mais  « c’est tout simplement parce qu’il [l’hôpital] n’a pas passé de commande pour l’acquisition de médicaments ».

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