L’Entreprise du Port d’Annaba compte sur l’extension de cette infrastructure pour développer et désengorger le premier port industriel d’Algérie.

À ce jour, le projet d’extension du port d’Annaba est en gestation. L’étude de faisabilité a été confiée à un bureau sud-coréen, sur le point de rendre sa copie. « Le projet est arrivé à maturation, il est quasi terminé », indique à Algérie-Focus, Nordine Tahraoui, responsable de la communication de l’Entreprise du Port d’Annaba, exposant à la Foire internationale d’Alger.

Le projet consiste à presque doubler la superficie actuelle du port, portant le plan d’eau de 94 hectares à 173. « Cela revient pratiquement à construire un nouveau port d’Annaba à côté de l’ancien. L’extension sera finalisée d’ici 2030 », révèle Nordine Tahraoui, en marge de la FIA 2015. Un espace supplémentaire qui profitera aux industriels présents à l’intérieur même du port d’Annaba, tels ArcelorMittal et Fertial. Quatrième port d’Algérie, en terme de volumes de flux, le port d’Annaba est surtout le premier port industriel du pays.

Modernisation

L’extension du port d’Annaba servira principalement à désengorger un point d’échanges commerciaux saturé. Ailleurs, la situation est pire. Minés par des dysfonctionnements récurrents (congestion, navires en rade, lenteurs des procédures administratives etc.), les ports commerciaux algériens n’offrent que de faibles tirants d’eau ainsi que des espaces d’entreposage étroits, convenant difficilement aux navires de nouvelle génération. « Le port d’Annaba est le plus rentable du pays car l’attente en rade n’excède pas 48h. À Béjaïa, certains bateaux sont en rade pendant près de deux mois ! », compare notre source. Un surcoût que les armateurs étrangers répercutent, sans surprise, sur les marchandises importées.

Dans un monde où l’écrasante majorité des échanges commerciaux transitent par voie maritime, l’Algérie ne peut plus se permettre de négliger ses infrastructures portuaires. « La modernisation des ports algériens est impérative. Elle permettra notamment de faire de grandes économies sur les produits importés », estime ce responsable de l’Entreprise du Port d’Annaba. Une nécessité pour un pays, qui a importé l’équivalent de presque 60 milliards de dollars de marchandises en 2014.