L’étau se resserre de plus en plus sur Ali Haddad. Après avoir été chassé d’une rencontre publique par le Premier ministre, le patron de l’ETRHB a fait l’objet de mises en demeure émanant du ministère des Travaux publics. Depuis lundi, l’homme d’affaires le plus controversé du pays sait désormais qu’un des plus grands projets qui devaient être confiés à son groupe lui sera probablement retiré.

Lors d’une réunion interministérielle consacrée au port géant d’El-Hamdania, à Cherchell, le premier ministre a en effet demandé aux responsables concernés d’impliquer d’avantage les sociétés publiques nationales. Selon un communiqué émanant des services du Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a notamment appelé à «renforcer la participation des entreprises publiques nationales dans les différentes phases de réalisation  de ce projet, notamment dans les segments où le savoir-faire algérien est  avéré» et à «mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour la  libération de l’emprise du projet».

Une petite phrase qui en dit long sur les intentions du Premier ministre. Car, avant cette réunion, l’ETRHB, en association avec les Chinois, était bien partie pour participer à la réalisation du projet d’un coût de 5 milliards de dollars. Pis, le communiqué évoque une «libération de l’emprise du projet». Cela veut-il dire que la présence de l’entreprise de Haddad posait problème ?  Rien n’est précis. Mais, l’accélération des évènements ces derniers temps convergent vers le retour en force des grandes entreprises publiques au détriment de l’ETRHB, qui a jusque-là le monopole sur les grands chantiers de travaux publics.

Rania Aghiles